Les opérations de LBO en Europe tardent à sortir de l'ornière

Elles s'étaient fortement redressées courant 2009, après un début d'année moribond. Mais le quatrième trimestre n'a pas confirmé la tendance

Par Antoine Landrot le 26/01/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Le frémissement observé sur le marché européen des acquisitions à effet de levier (leveraged buy-out, LBO) au cours des deuxième et troisième trimestres ne s'est pas confirmé au quatrième. Les chiffres publiés par le baromètre Private Equity Insight (sponsorisé par la société de gestion Candover) indiquent en effet une stagnation du montant des LBO: il atteint 9 milliards, contre un chiffre très légèrement supérieur entre juin et septembre, à travers 77 opérations.

Il faut signaler le manque de signification des taux de croissance spectaculaires des deux trimestres précédents (50% et 200% respectivement), ces derniers se comparant à un début d'année moribond (avec 2 milliards d'euros de transactions seulement). Avec 23 milliards d'euros atteints en 2009, on reste encore loin du montant de 2008, lorsque l'équivalent de 72 milliards d'euros de LBO avaient été montés (soit un recul de 68 %).

La rareté de la dette bancaire et junior (mezzanine, high yield, etc.) pour structurer la dette de ces opérations est l'explication la mieux partagée parmi les gérants de fonds et les professionnels du «leveraged finance» quand il s'agit d'expliquer la morosité persistante du secteur en cette fin d'année.

Pourtant, remarquent les analystes de Private Equity Insight, «les deux opérations dont la valeur est supérieure au milliard d'euros au cours du dernier trimestre étaient deux LBO secondaires [cession d'une société de fonds à fonds], financés à l'aide de montages de dette significatifs: EQT a eu recours à un milliard d'euros de financement pour acquérir l'éditeur Springer Science & Business Media auprès de Candover et Cinven, pour 2,3 milliards d'euros; l'acquisition des cliniques Marken par Apax auprès d'ICG, pour 1,1 milliard, a été rendue possible grâce à une dette senior de 340 millions apportée par Lloyds – la plus grosse souscription unitaire depuis la faillite de Lehman Brothers» en septembre 2008.

Mais mis à part ces deux transactions, ce sont les opérations d'un montant inférieur à 100 millions qui continuent de soutenir le marché au quatrième trimestre: leur montant a progressé de 37%. Le parent pauvre est le segment intermédiaire, qui avait largement contribué à la bulle dans les financements de LBO au cours des années 2004-07. Leur valeur a chuté de 13% (à 3,7 milliards), après avoir fortement progressé depuis le début de l'année.

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