Tradition de printemps après le versement des bonus, le mercato des banquiers d'affaires à Paris se révèle cette année particulièrement animé. Hier encore, Credit Suisse a annoncé le « transfert » d'Olivier Barret en provenance de Morgan Stanley. Directeur général de la banque américaine à Paris depuis 2007, ce dernier comptait près de quinze ans de maison chez Morgan Stanley, où il s'est concentré sur les fusions-acquisitions dans le secteur des médias et télécommunications. Olivier Barret devient coresponsable de la banque d'affaires de Credit Suisse en France, aux côtés de Valérie Landon.
Lundi, c'est la Société Générale qui avait officialisé l'arrivée de Thierry d'Argent, ex-JPMorgan, comme managing director au sein de l'équipe fusions et acquisitions. Un vrai pari pour ce dernier : à la différence de la banque américaine, SG CIB n'a jamais joué les premiers rôles dans le conseil en M&A. Un retard que la banque espère combler en recrutant une vingtaine de banquiers seniors et quinze spécialistes des fusions.
Les transferts témoignent aussi de l'affaiblissement relatif des établissements les plus touchés par la crise financière. Celle-ci rebat les cartes du M&A sur un marché français souvent jugé comme l'un des plus concurrentiels au monde, en raison de la présence des grandes banques tricolores, des acteurs anglo-saxons, et d'indépendants comme Lazard et Rothschild.
A ce compte-là, les grands perdants sont UBS, Merrill Lynch, racheté par Bank of America, et Citigroup. La banque suisse a enregistré ces derniers mois plusieurs défections à Paris, dont celle de Dominique Bazy, vice-président des activités de banque d'investissement pour l'Europe.
Du côté de Merrill, Marc Pandraud, qui présidait depuis onze ans l'implantation française, est passé avec armes et bagages chez Deutsche Bank. Il a emmené trois collaborateurs, dont Emmanuel Hasbanian, qui prend la responsabilité des fusions et acquisitions pour le groupe allemand en France. Quant à Citigroup, le mastodonte américain a dû constater les défections de Jean-Michel Steg et de Jean-Manuel Richier, partis lancer l'activité de conseil de Blackstone dans l'Hexagone.
La crise donne aussi lieu à des reconversions inattendues. Nicolas Mérindol, débarqué de la direction générale de l'Ecureuil en octobre, est ainsi donné partant chez Banca Leonardo.