La relative bonne tenue des économies allemande et française en juillet n'a pas suffi à rassurer les marchés en Europe. En témoignent les mouvements erratiques, vendredi, de l'euro/dollar. Passé à un plus haut de 1,2909, à la lecture de statistiques européennes encourageantes, il a ensuite fluctué au gré de statistiques américaines contrastées (hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis plus élevée que prévu en juillet et indice de confiance du Michigan en août décevant).
Si ces chiffres américains ont un temps apaisé les opérateurs, atténuant les craintes de déflation outre-Atlantique, le marché européen s'est finalement laissé aller à un certain pessimisme concernant les économies des pays périphériques, ramenant en soirée la parité à 1,2752 en baisse de 0,60% et portant l'appréciation du dollar face à l'euro à 3,6% depuis début août.
«Bien que le chiffre de la croissance allemande au deuxième trimestre ait rebondi de manière impressionnante, la situation dans la périphérie de l'Europe est très différente avec des chiffres de PIB en Espagne, Portugal et Italie qui connaissent un coup de mou, et le très décevant cas de la Grèce, indique BNP Paribas, cela souligne la divergence économique au sein de la zone euro».
D'ailleurs, l'inquiétude des marchés de taux a profité au Bund, ses rendements à 10 ans s'étant détendus vendredi de 3 pb à un plancher de 2,388%. Le renforcement du statut de valeur refuge de la dette allemande a pénalisé l'Italie qui a levé 5,87 milliards d'euros avec des taux de couverture (montant demandé sur montant alloué) moins flamboyants que lors des adjudications précédentes. En juillet, d'importantes émissions obligataires des pays périphériques s'étaient effectuées dans de bonnes conditions de marché.
L'aplatissement de la courbe des taux de référence en Europe s'est aussi traduit par la tension des taux des pays périphériques. Ceux de la Grèce se sont tendus de 13 pb à 10,48%, creusant le spread avec les taux allemand à 810 pb, son niveau de fin juillet. Les taux à 10 ans espagnols et portugais sont ressortis en hausse de 8 pb à 4,254% et 5,187%. En Italie et en Irlande, ils ont crû de 4 pb à 5,333% et 3,856%. Les CDS à 5 ans du souverain hellénique ont le plus souffert. Ils se sont élargis de 14 pb. Le risque souverain refait un peu surface.