| MARCHÉS D'ACTIONS |
Les indices entre deux eaux en attendant des jours meilleurs |
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| Par Franck Joselin |
le 08/01/2010 |
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Après une période euphorique entre le printemps et l’été 2009, les marchés stagnent, attendant la matérialisation de la sortie de crise
Si les résultats des entreprises n’inquiètent pas outre mesure des investisseurs, la valorisation des actions prend d’ores et déjà en compte ces bonnes nouvelles |
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Mais qu’attendent les marchés européens pour redécoller ? Même avec une progression du CAC 40 de 22,3 % sur l’année 2009 à 3.936 points, les actions ont quasiment fait du sur place depuis quatre mois. Il est vrai que la reprise de la fin du printemps dernier et de l’été qui a suivi a surpris nombre de professionnels. En huit mois, entre mars et octobre, le CAC 40 a ainsi repris plus de 52 % ! Dès la crise systémique éloignée, les allocataires ont profité de la valorisation très faible des marchés pour se repositionner à pas comptés sur les actifs risqués.
Normalisation. Après ce rebond, il n’est donc pas étonnant que les investisseurs se posent des questions sur la poursuite du mouvement de hausse. En effet, la valorisation des indices est revenue à des niveaux proches, voire légèrement supérieurs, à leur moyenne historique. Sur le CAC 40, par exemple, les ratios de cours/bénéfice sont passés d’un peu plus de 8 au début de l’année dernière à 13,3 au mois de décembre, pour une moyenne de long terme autour de 12,4 (voir le graphique). Même si ce ratio s’ajuste avec les anticipations de bénéfices des analystes en augmentant lorsque ces dernières sont revues à la baisse et inversement (lire l'encadré), le retour de cet indicateur dans une zone supérieure à 12 pour le marché français indique une valorisation des actions à leur prix d’équilibre. En conséquence, de bonnes nouvelles macroéconomiques au début de l’année prochaine pourraient ne présenter qu’un effet modéré sur les cours des actions dans leur ensemble. « L’expansion 2009 des multiples pourra difficilement se poursuivre sans discrimination, compte tenu de ce qui est d’ores et déjà anticipé en termes de croissance bénéficiaire l’an prochain,explique UFG-LFP dans sa lettre mensuelle de décembre. Cette normalisation des marchés d’actions milite aujourd’hui bien davantage pour des choix de valeurs plutôt que pour des choix d’allocation. »
Un manque d’alternative. Malgré la remontée des cours, de nombreux allocataires estiment que cette classe d’actifs reste l'une de celles à privilégier pour l’année prochaine, surtout au regard du niveau très bas des taux d’intérêt. Certains estiment même que les marchés restent sous-valorisés. « Les perspectives des actions européennes demeurent prometteuses,confirme-t-on chez BlackRock. Leurs résultats se redressent, leurs valorisations sont faibles et elles continuent de tirer parti des mesures de relance des pouvoirs publics (…). Malgré les rebonds intervenus récemment, l’Europe recèle toujours un grand nombre de valeurs de haute qualité dont les résultats pourraient fortement augmenter. » De son côté, Louis Bert, le président de Dorval Finance, affiche un « optimisme tempéré »sur les actions. « Nous sommes encore dans une phase de convalescence, estime-t-il, mais de nombreux signes indiquent que le plus bas semble être passé. L’ajustement drastique des coûts des entreprises devrait porter ses fruits et le marché a peut-être tendance à sous-évaluer le rebond des bénéfices. »
Rotation sectorielle. L’année dernière, les secteurs les plus performants ont été ceux des ressources de base, des banques et de la chimie, avec des progressions de respectivement 53,8 %, 48,9 % et 43 %. Pour les mois qui viennent, comme les moteurs de performance des actions pourraient résulter de l’importance plus grande donnée aux nouvelles microéconomiques, certains gérants préfèrent se positionner sur les secteurs les plus défensifs au détriment des valeurs cycliques. Ainsi, Ofi AM, dans son dernier comité d’allocation, estime que « les valeurs défensives offrent aujourd’hui un potentiel de revalorisation par rapport au marché. Il faut donc privilégier les entreprises de qualité présentant une bonne visibilité sur leur activité et une régularité des chiffres d’affaires et des profits. Les secteurs les plus riches en valeurs de ce type sont la santé, les télécoms, la distribution et, dans une moindre mesure, les grandes valeurs pétrolières ».
Craintes de tensions sur les taux. Si les bonnes nouvelles viendront certainement des entreprises, la macroéconomie peut toutefois influer négativement sur les marchés. En effet, de nombreux gérants craignent une remontée des taux d’intérêt - aussi bien sur les échéances courtes du fait de la fin des politiques monétaires accommodantes des banques centrales que sur les échéances longues à cause des craintes de remontée de l’inflation. Cependant, ces dangers réels restent, selon de nombreux professionnels, encore éloignés pendant plusieurs mois.
Fondamentaux identiques aux Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, la tendance de fond reste la même et le pays bénéficiant de l’espoir d’une reprise plus rapide qu’en Europe, le rebond s’est également révélé impressionnant l’année dernière, avec une progression du Dow Jones de près de 60 % entre les mois de mars et novembre. Depuis lors, la tendance à la hausse sur cette zone s’est ralentie, mais les investisseurs européens ont pu profiter du redressement du dollar de près de 5 % au mois de décembre. Bien que, à moyen terme, cette tendance sur la monnaie pourrait profiter aux exportations européennes.
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