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Les gestionnaires d'actifs font face à des pressions durables sur leur rentabilité

le 07/07/2009

Le Boston Consulting Group dresse un panorama peu encourageant pour le secteur, entre défiance des investisseurs et instabilité des marchés

Au sein de son étude annuelle dédiée à la gestion d’actifs, le Boston Consulting Group (BCG) avance que sa « grave crise » de rentabilité va durer. Le secteur a subi l’an passé une baisse de 18 % des encours gérés, à 48.600 milliards de dollars. Outre l’effet du repli des marchés, particulièrement actions, les asset managers ont subi la défiance de leurs clients, la décollecte atteignant 492 milliards de dollars sur les fonds grand public en Europe.


Qui plus est, les choix d’allocation ont évolué, au détriment des produits à la rentabilité élevée pour les gérants mais jugés trop risqués par le client (les actions représentent 32 % des portefeuilles à fin 2008, 9 points de moins qu’à fin 2007) et au bénéfice des produits monétaires (de 11 à 14 %) ou de taux (de 26 à 32 %).


Dès lors, le résultat opérationnel a accusé le coup, passant de 38 à 34 % des revenus nets. Sous l’effet d’une baisse globale de 7 % du chiffre d’affaires (en repli absolu dans 70 % des cas), mais aussi d’une réduction moins rapide (1 %) des coûts. Ces derniers ont même progressé chez 44 % des gestionnaires, 25 % seulement parvenant à une baisse de plus de 10 %.


Les écarts se sont creusés, et vont continuer de croître, entre gagnants et perdants de la crise, selon le BCG, qui souligne que 29 % des acteurs de la gestion d’actifs ont vu leurs résultats baisser de plus de 30 % l’an passé. Et encore, l’impact des baisses des volumes gérés subies en 2008 ne sera pas totalement perceptible avant fin 2009.


Cette chute des commissions a « forcé de nombreux gestionnaires d’actifs à aller au-delà des efforts de réduction de coûts et à repenser fondamentalement leur modèle de développement ». La consolidation notamment, qui vise à l’« industrialisation » du secteur, va immanquablement se poursuivre.


Mais ces efforts ne suffiront pas. Le scénario le plus optimiste envisagé par le consultant, basé sur une hausse de 10 à 20 % des actifs gérés entre fin 2007 et fin 2012 et une « amnésie » des investisseurs revenant vers les actions comme avant la crise, prévoit au mieux une stabilité et au pire un repli de 5 % des résultats opérationnels sur la période. A l'autre bout du spectre, un scénario « de l’Apocalypse » basé sur une récession économique prolongée et une baisse des actifs de 30 à 35 %, réduirait à néant les résultats opérationnels issus de la gestion d’actifs.
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