Freescale pourrait prochainement revenir en bourse. Les rumeurs du début d'été semblent se confirmer de jour en jour. Le patron de Freescale Richard Beyer a évoqué l'éventualité en expliquant toutefois à Bloomberg que la situation économique devrait s'améliorer pour envisager une opération.
Pour les fonds propriétaires (Blackstone, Carlyle, Permira et TPG), l'objectif serait notamment de réduire l'endettement qui pèse sur le groupe de semi-conducteurs. Il est encore de 7,9 milliards. Ce qui fait de Freescale le groupe le plus endetté du secteur.
L'opération serait aussi l'occasion pour les fonds de donner une valeur de marché à leur participation. Et sur ce plan, ils pourraient avoir du mal à revenir rapidement au niveau de capital engagé lors du rachat en 2006. A l'époque, les fonds avaient déboursé 17,6 milliards de dollars pour la reprise de Freescale. Un montant financé à hauteur de 7,15 milliards en capital selon la cible. Mais depuis les valorisations ont souffert. Récemment, le président de Blackstone a évoqué des estimations de banquiers selon lesquelles Freescale pourrait ne valoir que 85% de la somme payée en 2006.
Sur cette base, la valeur d'entreprise serait alors de 15 milliards de dollars. Ce qui en retranchant la dette actuelle, donnerait une valeur des capitaux de 7 milliards, voisine de ceux investis.
Reste que si cette évaluation correspond bien à la chute en bourse du segment des semi-conducteurs américains depuis 2006, elle n'intègre aucune décote d'IPO. De surcroît, les indices boursiers ne visent que la valeur des capitaux. En supposant une baisse parallèle des leviers, on peut supposer que les valeurs d'entreprises ont subi plus de 15% de recul. Les investisseurs pourraient aussi être un peu plus regardants sur la situation spécifique du groupe et prendre d'autres comparables, comme les technologiques européennes dont la valeur a chuté de 35% depuis 2006.
Dans ce cas, les valorisations risqueraient alors d'être plus basses. D'ailleurs dans des documents transmis en juin aux investisseurs, Blackstone et TPG valorisaient cette ligne entre 20 et 45% de leur engagement.
Certains jugent même qu'il sera délicat d'aller au devant des investisseurs en l'état. Un analyste de Moody's a déjà estimé au vu de la dette et de la situation du groupe qu'il devra d'abord éclaircir ces points s'il veut séduire le marché.