Les gérants de private equity, dans leur majorité, sont attentifs à la démarche ESG. 62 % d'entre eux déclarent prendre en compte les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leur travail avec les entreprises sous-jacentes. C'est l'une des conclusions de l'enquête réalisée par Novethic en partenariat avec Axa Private Equity, qui vient d'ailleurs de signer les Principes pour l'investissement responsable (PRI) de l'Organisation des Nations unies. La société d'étude estime que les 71 gérants de capital-investissement ayant répondu au sondage (sur 300 sollicités en France) « sont encore dans une phase émergente de prise en compte des critères ESG, mais ils montrent une bonne compréhension de la dimension globale du développement durable ».
Ces gérants considèrent à 73 % que cela apporte de la « valeur ajoutée économique » à l'entreprise, mais la crise financière n'est pas un facteur incitatif. Le bénéfice d'image à en tirer n'intéresserait que 18 % d'entre eux. Moins en tout cas que la réponse à une réflexion stratégique (pour 46 %), à une exigence réglementaire (pour 35 %) ou à une demande des clients (pour 17 %). Dans tous les cas, les outils employés témoignent d'une approche encore nouvelle : 86 % des fonds concernés utilisent « le dialogue avec les entreprises », et 47 % « uniquement ce dialogue »...
Le recours à des outils plus contraignants (chartes, questionnaires ou grilles d'évaluations, notations indépendantes, etc.) ne recueille pas plus de 20 % des réponses. Et seulement un quart annonce vouloir en faire un axe de communication.
Les 38 % de fonds n'ayant pas de démarche ESG avancent un manque d'expertise, d'outils d'évaluation en interne ou d'information : aucun n'a coché la réponse « préserver la performance financière », pourtant au cœur des enjeux. La réelle prise en compte de ces critères d'investissement socialement responsable (ISR) reste l'affaire de quelques pionniers, comme également OFI Private Equity.
« La prise en compte des critères ESG dans la profession est assez loin du "greenwashing" (laver "plus vert", ndlr) vécu dans certains secteurs», a expliqué Dominique Senequier, présidente d'Axa Private Equity, en rappelant les caractéristiques de ce métier. « Néanmoins, nous arrivons à un tournant, notre rôle d'actionnaire de long terme va peut-être être renforcé par la crise, et nous devrons être encore plus responsables. »