La gestion ISR (Investissement socialement responsable) gagne du terrain. Après des progressions de 30% et 37% respectivement en 2007 et 2008, les encours détenus par les résidents français ont crû de 70% en 2009, dépassant le seuil des 50,7 milliards d'euros, selon l'enquête annuelle réalisée par Novethic. Ce chiffre reste toutefois encore embryonnaire comparé à l'ensemble des actifs sous gestion en France en 2009, de 2.617 milliards d'euros selon les chiffres de l'AFG (Association française de la gestion financière). Soit moins de 2% des encours français.
En 2009, le marché s'est retourné au bénéfice de la gestion collective. Alors qu'elle représentait en 2008 45% de la gestion ISR, elle est passé à 57% en 2009. «La gestion collective, portée par la forte conversion de fonds monétaires à l'ISR, a progressé de 113% à 28,9 milliards d'euros, contre une croissance de 33% pour la gestion dédiée. Peu d'appels d'offres ont été lancés en 2009», a expliqué Dominique Blanc, responsable de la recherche ISR chez Novethic, à l'occasion mercredi d'une conférence de presse.
Sur la gestion collective ouverte (hors épargne salariale), qui est passée de 12,1 milliards à 24,9 milliards en 2009, la conversion de fonds (monétaires à hauteur de 80%) a en effet joué pour 7,8 milliards d'euros, la collecte et l'effet marché ayant représenté respectivement 3,4 et 1,6 milliards.
Autre phénomène marquant, «alors que les institutionnels constituaient auparavant la locomotive du marché ISR, les particuliers, que l'on retrouve notamment derrière les produits d'assurance vie, regagnent du terrain», a relevé Dominique Blanc. Les encours des particuliers ont ainsi crû de 111% à 15,6 milliards, contre une hausse de 56% à 35,1 milliards pour les institutionnels, qui continuent à dominer le marché avec 69% des encours.
L'épargne salariale, qui a quasiment doublé à 6,5 milliards d'euros, a bénéficié du double effet de la conversion de fonds à l'ISR et de la loi imposant aux entreprises de proposer au moins un fonds solidaire en épargne salariale.
Au-delà des fonds, Novethic entend toujours procéder à la notation des sociétés de gestion. «Nous travaillons dessus», a indiqué Dominique Blanc. Initialement prévu pour le premier semestre 2010, «ce projet a été repoussé à début 2011», a-t-il indiqué.