Précédant de peu Icade dans la présentation des résultats semestriels, Klépierre a souligné hier une conjoncture difficile. «On est encore dans une année molle du point de vue de la consommation», a déclaré Laurent Morel, président du directoire. La filiale à 52% de BNP Paribas a fait état d'une baisse de 1,2% de son cash-flow net courant part du groupe, indicateur couramment utilisé pour évaluer la performance des foncières, à 185 millions d'euros, soit 0,99 euro par action (-1,7%). Les loyers ressortent en hausse de 3,8% à 453,8 millions d'euros et en repli de 0,7% à périmètre constant. L'annonce des plans de rigueur européens a freiné la croissance du chiffre d'affaires des commerçants, a précisé le spécialiste de l'immobilier commercial. L'actif net réévalué (ANR), après effet de la valorisation des instruments financiers, ressort à 27,8 euros par action (+1,2%).
Du côté d'Icade, le premier semestre a également été marqué par un recul du cash-flow net courant, à 81,8 millions d'euros (-17,6%), soit 1,62 euro par action contre 2,04 euros un an plus tôt (-21%), sous le coup de la faible rentabilité du pôle promotion. Ce dernier a également pesé sur l'activité, l'excédent brut opérationnel ressortant en recul de 9,9%, à 142,2 millions d'euros. Quant à l'ANR, il s'établit au 30 juin à 80,3 euros par action (-4,9%). Le bénéfice net du groupe a été multiplié par plus de huit, à 906,2 millions d'euros, grâce à des cessions dans son portefeuille de logements. Une mutation qualifiée de «réussie» au profit de l'immobilier tertiaire, offrant «une grande visibilité en termes de cash-flow et une amélioration du couple rendement/risque». Cette manne permettra à la filiale de la Caisse des Dépôts de proposer un acompte exceptionnel sur dividende d'au moins quatre euros au second semestre.
Pour la suite de l'exercice, Klépierre prévoit une «légère diminution» de son cash-flow net courant par action, alors qu'il annonçait auparavant une stabilité de ce résultat. Une évolution similaire est attendue pour les loyers à périmètre constant. Icade table de son côté sur un exercice 2010 «moins favorable» en terme de cash-flow que 2009 mais compte sur «une forte croissance» en 2011 et 2012, grâce à la livraison de nombreux projets et à la reprise annoncée du marché de la promotion.