Les financements dans le solaire continuent à faire jouer les leviers

Le projet que viennent de boucler la Caisse des dépôts et Solairedirect fait intervenir 17 % de fonds propres pour 83 % de dette

Par Olivier Decarre le 16/03/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Photo: Agefi

Le levier reste disponible pour certains financements. Les parcs solaires photovoltaïques en fournissent un bon exemple. Au travers de Solaire Durance, la Caisse des dépôts et Solairedirect viennent de boucler le montage d'un projet de 100 millions d'euros avec pas moins de 83% de dette. Il concerne un double parc en Haute-Provence d'une capacité de 23,6 MW.

Face aux 83 millions d'euros octroyés par les banques, avec Natixis Energéco et Auxifip-Unifergie (Crédit Agricole) comme chefs de file, les deux partenaires se contenteront donc d'injecter 17 millions d'euros de fonds propres: à 49,75% pour la Caisse et 50,75% pour Solairedirect. Il convient il est vrai de tenir également compte du financement à risque effectué dès 2007 par les deux groupes (8,25 millions) pour engager le développement des centrales.

Le secteur n'a en tout cas visiblement pas avoir souffert de la crise. Fin 2007, lors de la création de Solaire Durance, les deux promoteurs disaient envisager des financements avec une répartition de 20/80. Selon la Caisse, certains financements dans le photovoltaïque peuvent même actuellement se faire avec un rapport de 15/85.

Cette confiance accordée par les établissements financiers trouve son origine dans la garantie dont bénéficient aujourd'hui les promoteurs. «Comme dans tous les projets d'énergies renouvelables, l'électricité produite par la centrale bénéficie d'un tarif d'achat spécial pour les vingt prochaines années», rappelle-t-on à la Caisse des dépôts. Cette revente à EDF pré-négociée assure donc une visibilité sur les cash-flows futurs.

La voie apparaît d'autant plus dégagée pour le solaire que les volumes devant être repris par EDF ne font l'objet d'aucune limite réglementaire. Il ne semble donc y avoir aucune raison pour que les leviers se réduisent à l'avenir dans le secteur.

Seul frein possible, des analystes ont déjà pointé la dépendance des énergies renouvelables au soutien public, arguant qu'une volte-face des pouvoirs publics condamnerait le secteur. Cela reste évidemment une incertitude pour l'avenir. En revanche, pour les projets déjà en route, «les banques n'ont pas dans leurs contrats de financement envisagé une remise en cause de ce schéma, fait-on savoir chez Solairedirect. Car il s'agit de contrats privés entre les producteurs et EDF.» Autrement dit, toute rupture donnerait en théorie lieu à indemnités.

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