Difficile, dans le secteur de la finance, d'en finir avec le «plafond de verre» qui freine les évolutions de carrière des femmes... Réunies hier à l'occasion d'une table ronde organisée par le site de recrutement dédié aux financiers eFinancialCareers, plusieurs femmes occupant des postes à responsabilité dans des établissements financiers ont évoqué les freins qui empêchent la gent féminine de progresser dans divers métiers. «Il faut dire que les femmes sont assez peu motivées par certaines professions comme la banque d'affaires, relève Luc Gendry, associé gérant chez Rothschild & Cie. Il faut créer des environnements qui font naître de la motivation chez les femmes».
«Ce qu'il faut faire comprendre, c'est qu'il y a un enjeu 'business' derrière cette problématique, défend Valérie Pilcer, directeur des risques et de la conformité chez Oddo et Cie. Dans la gestion des risques, la mixité est un élément clé pour avancer, j'en suis persuadée». Si de façon générale, les mentalités évoluent, les femmes restent quasi absentes dans certaines activités comme le capital-investissement, notamment à des postes de gérants de fonds. «On essaie d'évangéliser les professionnels du private equity, mais il faut reconnaître que dans le non-coté, ils ne sont pas du tout en avance sur ce sujet», observe Diane Segalen, vice-présidente du cabinet de chasse de têtes CTPartners.
Phénomène saisissant: «certaines femmes qui ne parviennent pas à évoluer, n'hésitent pas à démissionner de leurs postes pour aller ailleurs où elles savent qu'elles se feront chasser, parfois par le précédent employeur qui ne voulait pas les promouvoir! J'ai vu cela récemment dans une grande banque française qui avait laissé partir une responsable pour ensuite revenir la solliciter!», raconte Elisabeth Karako, responsable de la diversité du groupe BNP Paribas. Sur la question des quotas, souvent évoquée comme solution au problème de la parité et de l'égalité hommes-femmes, les avis plaident pour des quotas «en CDD», selon l'expression d'Elisabeth Karako. Autrement dit, mettre en place des politiques de quotas temporaires pour forcer les grands groupes à évoluer de façon concrète. «Je pense qu'à l'avenir, le rapport de force va s'inverser, estime Luce Gendry de Rothschild & Cie. On s'oriente petit à petit vers un système où les femmes sont de plus demandées».