La confirmation par l'Office fédéral des statistiques d'une progression séquentielle du PIB de 2,2% au deuxième trimestre (+3,7% en rythme annuel) a permis d'en savoir plus sur les composantes de l'activité outre-Rhin. Grâce à la vigueur de la demande asiatique et à la faiblesse relative de l'euro depuis fin 2009, la balance commerciale a apporté une contribution positive de 0,8 point à la croissance après un solde négatif de 1,1 point au précédent trimestre. La progression de 8,2% des exportations représente un record depuis 1990, année de réunification de l'Allemagne.
Le secteur de la construction, qui se reprenait après un hiver particulièrement rude, a contribué pour 0,5 point de pourcentage au PIB, tandis que le dynamisme de l'investissement a également eu un impact positif de 0,8 point sur la croissance. «L'investissement industriel reste néanmoins 18% en deçà de ses niveaux d'avant-crise», nuancent les économistes de BNP Paribas. En contribuant au total à hauteur de 1,3 point à la progression de l'activité, «la demande intérieure a clairement contribué à la croissance, qui n'est pas seulement due à l'impact de la reconstitution des stocks comme ce fut le cas auparavant», commente Jörg Luschow, analyste au département de recherche économique de WestLB.
La principale caractéristique du trimestre est donc l'assise plus large de la croissance de l'activité. En augmentant de 0,6% séquentiellement, la consommation privée a enregistré sa première hausse depuis le second trimestre 2009. La bonne tenue des chiffres de l'emploi sur la période et certains achats anticipés en prévision d'un plan de rigueur destiné à contenir les déficits expliquent une partie de ce mouvement.
Ces très bons chiffres ne doivent toutefois pas être extrapolés à l'ensemble de 2010. «Cela ne fait aucun doute, la croissance va ralentir» en Allemagne, juge Carsten Brzeski, économiste chez ING Financial Markets, en ajoutant cependant que «les fondamentaux sont en place pour que le moteur continue à bien tourner». Compte tenu des signes d'essoufflement perceptibles aux Etats-Unis ou en Chine, si le trimestre en cours devrait encore être solide, «la croissance devrait être beaucoup plus modeste en fin d'année», concluent les économistes de BNP Paribas.