Les exceptionnels ont plombé le premier semestre d'ABN Amro

Comme l’avait laissé entendre la banque en juin, les charges non récurrentes se sont élevées à 1,3 milliard d’euros

Par Olivier Decarre le 27/08/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

La barre du milliard d'euros n'a pas été franchie, mais ABN Amro n'en est pas loin. Au premier semestre, la banque néerlandaise nationalisée a perdu 968 millions d'euros. Un déficit qu'elle explique par la vaste réorganisation à laquelle elle a dû procéder. Elle avait d'ailleurs prévenu en juin que les pertes seraient lourdes.

De fait, l'établissement a dû procéder à la séparation entre ses activités et celles reprises par RBS. Parallèlement, la partie Fortis a été scindée entre les actifs repris par BNP Paribas et ceux conservés par le pays. C'est ainsi qu'a pu être réalisée au 1er juillet la fusion entre ABN Amro et Fortis Bank Nederland. L'ensemble de ce processus a eu un coût net de 481 millions dans les comptes du groupe.

Mais les exceptionnels ne s'arrêtent pas là. Pour satisfaire Bruxelles, ABN Amro a également dû céder des actifs à Deutsche Bank. Or, l'opération a conduit le groupe à constater une perte de 812 millions d'euros. Outre la garantie offerte à l'acheteur sur les pertes potentielles, cette charge s'explique par la perte constatée vis-à-vis de la valeur comptable des actifs.

Au total, ces éléments exceptionnels ont donc coûté près de 1,3 milliard d'euros à la banque sur le semestre.

Excepté ces effets négatifs, l'activité s'est en revanche relativement bien tenue. Selon des comptes retraités destinés à fournir une base comparable, ABN Amro revendique un résultat courant de 325 millions en hausse de 57%.Cela tient à des revenus en progression (+5% à 3,65 milliards d'euros) et à des provisions pour risque en recul de 55% à 348 millions. Quant aux coûts opérationnels, s'ils sont passés de 71% à 75% des revenus, ABN Amro explique qu'ils ont pâti de la comptabilisation de provisions réglementaires pour 265 millions d'euros. En les excluant, le ratio s'est amélioré, à 68%.

Pour l'avenir, le directeur financier Jan van Rutte a assuré que la majorité des coûts d'intégration était passés. Toutefois il prévoit encore 400 millions d'euros de charges brutes au second semestre (après 646 millions en brut au premier).

Le groupe a par ailleurs précisé qu'il tablait sur une intégration complète à la fin de 2012. Dès lors, il estime que la période 2013-2015 pourrait être une fenêtre envisageable en vue d'un désengagement de l'Etat.

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