Deutsche Bank et UBS soignent leurs dirigeants. Les membres du comité exécutif du groupe suisse ont reçu au total près de 54,9 millions de francs (37,8 millions d'euros) de bonus au titre de l'exercice 2009, exception faite du patron, Oswald Grübel, qui a renoncé à sa «prime de motivation pour 2009 au vu de la rentabilité d'UBS». Carsten Kengeter, coresponsable de la banque de financement et d'investissement (BFI) et des activités de taux, a été le mieux payé avec une rémunération totale de 13,2 millions de francs (9 millions d'euros), selon le rapport annuel du groupe.
Au total, le montant des bonus distribués par la banque helvète est supérieur à ceux de ses homologues puisque les 65.000 salariés de la banque suisse ont reçu une enveloppe globale de 2,9 milliards de francs (1,9 milliard d'euros) en 2009. Selon un comparatif établi par BNP Paribas à l'occasion de ses résultats annuels, UBS a été en 2009 la banque d'investissement la plus prodigue avec un ratio de compensation représentant 81% des revenus de l'activité de financement et de marchés, contre 41% chez Credit Suisse, 38% pour Barclays Capital ou 36% chez Goldman Sachs.
Côté Deutsche Bank, le rapport annuel de la banque livre lui aussi des détails inédits. Si la rémunération du président du directoire Josef Ackermann fait régulièrement parler d'elle outre-Rhin - elle a atteint 9,55 millions au titre de 2009 - celle de ses adjoints était jusqu'alors secrète. Les deux coresponsables de la BFI, Anshu Jain pour les marchés et Michael Cohrs pour le global banking, ont perçu respectivement 7,8 et 3,2 millions d'euros. Au total, les huit membres du directoire de la Deutsche Bank ont touché 39 millions d'euros, contre 4,5 millions en 2008, au moment de la crise.
Alors que la question des bonus est particulièrement sensible, d'autres dirigeants de grandes établissements, et notamment en Grande-Bretagne, ont déjà renoncé à leurs bonus. Ainsi, les patrons de Royal Bank of Scotland (RBS) ou Lloyds Banking Group (LBG), deux banques qui ont été particulièrement aidées par l'Etat, ont montré l'exemple. De même, ceux de Barclays et de HSBC ont annoncé le don de leurs bonus à des œuvres de charité.