Les convertibles n'ont plus la cote sur le marché primaire en Europe

Les volumes d’émissions ont chuté de 42% depuis le début de l’année, revenant à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis 1996

Par Olivier Decarre le 09/08/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

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Après une année 2009 plutôt favorable et qui s'était soldée par une progression des volumes de 43%, le marché européen des obligations convertibles connaît une année 2010 plus difficile. En dépit d'un «premier trimestre prometteur au cours duquel s'étaient conclues six opérations de plus de 500 millions de dollars chacune», comme le rappelle Dealogic, les montants placés ont considérablement reculé.
Dans un bilan effectué la semaine passée, le fournisseur de données recense une quarantaine d'opérations depuis le début de l'année pour un montant cumulé de 10,8 milliards de dollars. Un chiffre inférieur de 42% à celui observé l'an passé à la même époque. Il s'agit des «plus faibles volumes depuis 1996, lorsque 7,3 milliards de dollars avaient été levés», précise Dealogic.
Le pointage de Thomson Reuters va dans le même sens. Le concurrent de Dealogic estime également le recul à 42% mais avec des volumes de 11,5 milliards de dollars.
Cette dégradation du côté européen entraîne d'ailleurs à elle seule l'ensemble du marché à la baisse. La faible progression enregistrée aux Etats-Unis par Thomson Reuters (+11% à 22,8 milliards) est en effet bien insuffisante pour maintenir à flot les statistiques globales. Depuis le début de l'année, le marché mondial des convertibles accuse ainsi un repli de 11% à 41,6 milliards de dollars d'après Thomson Reuters.
Plusieurs éléments peuvent expliquer ce retournement. En premier lieu, un grand nombre d'émetteurs ont profité de la fenêtre ouverte l'an passé pour anticiper le refinancement de convertibles émises précédemment, en particulier lors de la vague de 2006-2007. On peut donc supposer que les besoins de refinancements de convertibles à court terme sont aujourd'hui bien moins élevés qu'il y a un an.
Le contexte de marchés leur apparaît également moins favorable. Du fait de leur construction (exposition à la hausse du sous-jacent mais limitation du risque à la baisse), les convertibles sont jugées très attractives en période forte volatilité. Or, malgré l'incertitude économique ambiante, la volatilité reste faible. Le Vdax traite par exemple sous les 20% à l'heure actuelle et, en dépit du pic atteint au printemps, sa moyenne depuis le début de l'année ne dépasse pas 21,3%. L'an passé sur la même période, la volatilité moyenne était supérieure de 13 points.

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