Les banques en zone euro resserrent moins leurs standards de crédit

Selon l'enquête trimestrielle de la BCE, le pourcentage net de banques ayant durci leurs conditions est tombé à 3 % au dernier trimestre 2009

Par Tân Le Quang le 01/02/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

L'atténuation des risques sur la reprise de l'activité économique en Europe et du secteur bancaire a amené les banques à rendre le crédit plus disponible envers les agents économiques. Selon la Bank Lending Survey de la BCE réalisée entre le 7 décembre et le 8 janvier auprès de 118 banques, le pourcentage net de banques indiquant resserrer leurs standards de crédit est passé à 3% à la fin du quatrième trimestre, contre 8% au troisième trimestre et 21% au deuxième.

Pour les prêts aux ménages, ce pourcentage net chute à 3% pour le crédit pour l'achat de maison, contre 14% précédemment. Il passe de 13% à 10% pour le crédit à la consommation.

Le constat d'amélioration vaut aussi pour l'Hexagone. Selon la Banque de France, l'encours des crédits aux ménages est de 986,3 milliards d'euros à fin décembre, soit +4,1% en rythme annuel, à comparer à +3,7% à fin novembre. Les encours des crédits immobiliers et du crédit à la consommation ont progressé respectivement de 4% et 3,5% en rythme annuel.

Cependant, la demande nette venant des entreprises est restée négative à -8 %, contre -20 % au trimestre précédent. De plus, l'enquête de la BCE montre que l'amélioration pourrait connaître un coup d'arrêt début 2010, 4 % des banques envisageant de durcir les conditions de crédit pour les entreprises non financières au premier trimestre. Côté ménages, elles n'entrevoient pas de les assouplir ces prochains mois sauf pour le crédit à l'habitat.

Aux yeux de Natixis, étant donné que la reprise de l'économie en  zone euro reste à confirmer, «les banques demeureront prudentes pour prêter leur argent». Selon la banque, «le resserrement net des standards de crédit devrait arriver à son terme cette année». Du coup, le contexte actuel marqué par une croissance qui reste fragile, un chômage croissant et une inflation basse ne devraient pas amener la BCE à changer de politique de taux. Alors que le taux de chômage de la zone euro a atteint 10% en décembre, les prix de détail, qui étaient en hausse annuelle de 0,9% ce même mois, ont augmenté, en première estimation, de 1% en janvier.

En parallèle, le taux de variation annuelle de la masse monétaire, M3, est ressorti à -0,2% en décembre, après -0,3% en novembre. Sur la période octobre-décembre, la mesure recule de -0,1%, contre +0,6% entre septembre et novembre.

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