Hervé Alexandre, professeur à l'Université Paris Dauphine

«Les banques ont tardé à anticiper le passage à Bâle II»

Par le 06/11/2009 pour Agefi.fr

 
 

Titre original : The complementarity of regulatory and internal governance mechanisms in banks

Chaire / Centre de recherche : CEREG
 
Quelles observations vous ont incité à étudier la complémentarité au sein des banques entre la gouvernance interne et la réglementation ?

A l'occasion de la mise en place de la directive Bâle II sur les fonds propres minimums des banques, nous avons supposé que ces nouvelles normes pouvaient aller à l'encontre de l'intérêt des dirigeants et actionnaires d'établissements bancaires, qui ont tendance à privilégier la prise de risque, afin de maximiser les profits. Aussi, notre objectif était d'analyser si la combinaison de ces deux mécanismes de gouvernance, interne car pilotée par les dirigeants et actionnaires, ou externe car liée à l'application de réglementations, permettait une amélioration de la performance et une bonne gestion du risque.
 
Quelles ont été vos conclusions ?

Les premières conclusions, sur la période 1990-2005 étaient plutôt positives. Les données disponibles montrent une progression des résultats des banques comme des capitalisations boursières et une réduction du risque au regard de mesures telles que l'actif pondéré en risque. Cette organisation semblait donc plutôt bien fonctionner.
 
Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ces résultats ?

Tout d'abord, les événements qui affectent les banques confirment que Bâle II était la bienvenue. Car la mesure du risque pris dans Bâle I était très insuffisante. On pondérait le risque par la nature juridique de l'emprunteur et non par son risque économique. Les ménages et les banques n'étaient par exemple pas distingués. Mais les banques ont tardé à anticiper le passage à Bâle II. Elles étaient en train de mettre en œuvre les nouvelles règles quand la crise a éclaté. Bâle II repose sur trois piliers et les banques n'ont cherché à appliquer que le premier, la mesure du risque, aux dépens du pilier 2 sur l'audit interne, la gouvernance interne et justement le rapport entre gouvernance interne et externe.

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  • Hérvé Alexandre Cereg
 
 
 
 

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