Comme l'atteste la signature des Principes de l'Equateur sur les financements de projets, les banques se soucient de la perception de leur impact social et environnemental indirect. Il semble que ce soit loin d'être le cas dans leur activité de détail. C'est en tout cas ce que montre une étude européenne diligentée par l'Efma (European Financial Management and Marketing Association) et la Fédération nationale des Caisses d'Epargne, et réalisée par PwC.
L'enquête, menée auprès des clients et des établissements, fait ressortir de nets décalages entre les actions mises en oeuvre et leur perception. Si 88 % des établissements disposent d'une unité dédiée, seuls 15 % des clients les considèrent impliqués dans le développement durable.
Concernant la relation clients proprement dite, 26 % d'entre eux estiment que le secteur dispose de codes d'éthique. Ils ne sont que 33 % à penser que leur banque est dotée d'une charte – alors qu'elle existe dans 62 % des cas selon les établissements. Signe que sa visibilité laisse à désirer.
De même, le secteur a peu cherché à rendre publiques ses politiques en terme de gestion durable du réseau lui-même. Mais les différences sont fortes entre les pays, reflétant les sensibilités diverses au thème lui-même. Le Royaume-Uni (où le secteur est plus concerné) et la France se situent aux antipodes. Le décalage entre les actions et leur perception est encore frappant sur l'accessibilité aux handicapés. Si les banquiers déclarent avoir facilité l'accès des agences aux handicapés (95% des répondants) et aux aveugles (65%), le sentiment n'est partagé que par 31% des Espagnols, 35% des Français, mais 73% des Britanniques.
Ce décalage pose une question : les banques sont-elles attendues sur le terrain du développement durable ? Seuls 5% des clients sondés estiment que la responsabilité sociale et environnementale est le critère le plus important pour l'image d'un établissement. La distribution de produits éco-responsables ne devrait entrer dans les principaux engagements que pour 11% des clients, alors que 76% des banques proposent une offre ISR, 55% une offre en micro-finance et 55% des crédits «verts». Mais 40 % des clients déclarent prioritaire l'accompagnement des clients plus fragiles, alors que ce type d'assistance n'apparaît pas en tant que tel dans les principaux sujets des chartes d'engagements.