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Les banques françaises s'élèvent contre les ratios de liquidité

le 05/02/2010

Pour la FBF, ces indicateurs sont « frustes » et trop restrictifs tant ils sont établis à partir d'hypothèses de crise irréalistes

A la liste des critiques de la Fédération bancaire française (FBF) sur les réformes du système bancaire, il convient d’en ajouter une nouvelle: les ratios de liquidité proposés par le comité de Bâle, dans le cadre de la réforme de la réglementation bancaire. Ils seraient «largement inapplicables» et trop «restrictifs» selon Ariane Obolensky, la directrice générale de la FBF, qui se prononçait hier à l’occasion d’un point presse sur les dossiers d’actualité du secteur.


Le 17 décembre dernier, tirant les leçons de la crise financière, le Comité de Bâle a présenté ses propositions de réforme du secteur bancaire mondial, qui sont soumises à la consultation des acteurs. Ces mesures visent en particulier à renforcer la solvabilité et la liquidité des institutions financières, dont la crise a révélé l’insuffisance au grand jour.


Concernant la liquidité, le Comité entend créer deux ratios réglementaires, afin d’obliger les banques à détenir un montant minimal d’actifs aisément cessibles (sous forme numéraire comme de titres de marché) en cas de dislocation des marchés: un ratio de couverture à 30 jours, laps de temps pendant lequel une banque devra être capable de maintenir une liquidité suffisante, sous-tendu par un ratio de financement stable à un an. Le projet inclut également une série de mesures afin de permettre aux superviseurs d’analyser les projections de risques de liquidité au niveau de chaque établissement et du système dans son ensemble.


L’instance représentative des banques françaises considère que ces ratios témoignent d’une «méthode assez fruste». «Ces ratios, notamment le second, reposent sur des hypothèses de stress extrême, comme la non-intervention des banques centrales – alors que celles-ci ont joué un rôle central pendant la crise actuelle. Ils pénaliseraient le financement de l’économie», souligne Ariane Obolensky.


L’autre critique formulée par la directrice générale de la FBF concerne les critères de sélection des actifs éligibles au titre des liquidités, qui conduiraient à des aberrations. «Ils privilégient les titres d’Etat et excluent les actions, alors qu’elles n’ont connu aucun problème de liquidité pendant la crise», s’étonne Pierre de Lauzun, DG délégué de la FBF. Avec, comme effet pervers, une flambée des taux en cas de cessions massives de papiers d’Etat, qui obligerait les banques centrales à intervenir.
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