Les banques françaises restent sous observation des pouvoirs publics. Suivant un rituel désormais bien établi, les dirigeants des principaux établissements français se rendront en fin de matinée à l'Elysée, en compagnie de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, de Christian Noyer (gouverneur de la Banque de France) et de Gérard Rameix, Médiateur du crédit. Les banques devront répondre de leur politique en matière d'octroi. Cette réunion sera également l'occasion pour elles de faire valoir leurs intérêts dans les évolutions réglementaires liées à Bâle III et aux principes du G20.
Le financement de l'économie, en particulier des PME et TPE, figure en tête de l'ordre du jour. A ce titre, les statistiques du mois de janvier de la Banque de France, publiées mercredi dernier, ne sont guère encourageantes: le montant des nouveaux crédits aux entreprises a reculé de 3% (à 229 milliards d'euros) par rapport à décembre 2009. Ce sont les prêts de trésorerie à court terme qui pâtissent – ce que dénoncent d'ailleurs régulièrement les PME. Les banques présenteront d'ailleurs un objectif concernant l'enveloppe de crédits de trésorerie aux PME, comme l'avait demandé Christine Lagarde le 11 février dernier.
L'Elysée a par ailleurs annoncé hier la mise en place d'un groupe de travail associant prêteurs, Banque de France, entreprises et ministères, au sujet des notations internes et externes des emprunteurs. Objectif: éviter que la dégradation inévitable des notes des entreprises, sur la base de mauvais bilans 2009, conduise à un resserrement mécanique du crédit.
En parallèle, la profession aura à cœur de plaider sa cause sur deux dossiers. L'un d'eux concerne les propositions du Comité de Bâle pour réduire les risques systémiques. La Fédération bancaire française (FBF) a déjà fait connaître son opposition notamment aux ratios de liquidité et de levier que le régulateur entend mettre en place.
Les dirigeants de banques ont un second motif de récrimination: ils ont le sentiment que les banques françaises sont les seules à appliquer scrupuleusement les règles de rémunération des professionnels de marché, conformément aux principes nés du G20 de Pittsburgh en septembre dernier. Les banques françaises devraient demander à l'Elysée d'accentuer la pression au niveau international pour maintenir l'équité entre tous les acteurs du secteur.