Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, ne cachait pas sa satisfaction vendredi à l'énoncé des résultats des banques françaises aux tests de résistance. BPCE, le Crédit Agricole –tous deux considérés à l'échelle du groupe–, BNP Paribas, la Société Générale ont passé l'examen haut la main. Leur ratio de solvabilité Tier one moyen, de 9,9% fin 2009, retomberait à 9,3% fin 2011 dans l'hypothèse d'un scénario stressé et d'un choc sur la dette souveraine, soit une baisse de 0,66 points de base.
«Ces résultats confortent l'idée que le modèle de banque universelle des banques françaises est très résilient en période de crise», souligne Christian Noyer.
Bien que limité à 0,5 à 0,7 points de ratio Tier one, le choc reste conséquent en valeur absolue. Au dénominateur, les actifs pondérés du risque augmenteraient de 11,4% entre fin 2009 et fin 2011. Au numérateur, hors effet dette souveraine, le coût du risque et les pertes sur le portefeuille de trading atteindraient 61,3 milliards d'euros en cumul sur 2010 et 2011, contre 24,8 milliards pour la seule année 2009. Cette charge se compare à un résultat brut d'exploitation cumulé pour les quatre banques attendu à 83,1 milliards sur 2010-2011, contre 39,3 milliards l'exercice passé.
Il faudrait y ajouter 7,4 milliards de pertes liées à un choc sur la dette souveraine, soit 16 points de base de ratio Tier one: 3,7 milliards sur le portefeuille de trading, où les banques ont logé 43 milliards d'exposition à la dette des trente pays membres de l'Espace économique européen, et autant dans les portefeuilles bancaires, où dorment 197 milliards d'euros de titres d'Etat qui ne font pas directement l'objet d'une décote.
Des quatre établissements, c'est la Société Générale qui affiche au départ comme à l'arrivée le ratio le plus élevé (10% fin 2011), malgré une perte de 73 points de base. En valeur absolue, BNP Paribas serait la plus affectée, avec 24 milliards de pertes cumulées sur deux ans (dont 1,4 milliard sur la dette souveraine). Mais en relatif, compte tenu de sa capacité à dégager des résultats, elle apparaît la plus résistante, avec une baisse de 52 pb de son ratio Tier one à 9,6%. Le Crédit Agricole est le plus affecté par le choc souverain (3 milliards et 21,6 pb de ratio). Quant à BPCE, après une baisse de 60 points de base, son ratio Tier one serait le plus faible, à 8,5%.