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Les banques françaises délaissent l'Inde dans le financement de projets

le 04/02/2010

Leaders dans cette activité, CA CIB, BNP Paribas et la Société Générale se montrent pourtant prudentes sur le premier marché mondial

L’Inde représente, et de loin, le plus gros marché mondial pour le financement de projets. Selon la revue spécialisée Project Finance International, les crédits accordés dans ce cadre se sont élevés en 2009 dans le pays à quasiment 30 milliards de dollars, soit 21,5% des 139 milliards du marché mondial. Le deuxième pays, l’Australie, n’a représenté que 12 milliards de dollars.


Friande de cette technique, l’Inde s’en est servie pour des projets dans des secteurs comme l’énergie, les télécommunications ou la pétrochimie. Fort logiquement, c’est un établissement indien, SBI Capital Markets, qui s’est hissé en tête des intervenants dans le monde. Filiale de State Bank of India, SBI Capital Markets a été chef de file pour 37 opérations représentant 14,3% du marché mondial.


Les trois places suivantes du classement sont occupées par des banques françaises: CA CIB (ex- Calyon) à la deuxième place, suivie de BNP Paribas et la Société Générale. Nommée par ailleurs «banque de l’année» dans son domaine par PFI, Calyon ne détient cependant que 5,3% du marché mondial, loin derrière SBI.


Curieusement, la très forte présence des banques françaises dans le financement de projets s’observe un peu partout, sauf en Inde. Calyon et la Société Générale ont certes fait une opération importante de financement de la compagnie pétrolière Cairn sur la base de ses réserves prouvées dans l’Etat du Rajasthan, mais les professionnels français ont globalement laissé l’Inde aux banques du pays.


Il s’agit là, semble-t-il, d’un choix délibéré. «Nous ne sommes pas dans les grosses opérations ici, car elles ne sont pas assez bordées, explique-t-on dans une banque française. Les structures que les banques indiennes offrent à leurs clients sont trop flexibles». En effet, renchérit un autre professionnel français, «les banques indiennes ne respectent pas les normes internationales, elles prennent des risques que les autres n’acceptent pas».


Cette question des différences de pratiques pourrait devenir sensible. Forte de ses succès domestiques, la SBI souhaite désormais exporter son savoir-faire dans le financement de projets. «Nous attendons cela avec intérêt, peut-être vont-ils toucher à la réalité», affirment les Français qui espèrent que ce processus puisse amener à terme les normes indiennes à converger vers les normes internationales.

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