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Les banques européennes ont tout à craindre d'une extension de la règle Volcker

le 25/01/2010

En dépit de critères encore flous, les établissements les plus en risque sur les marchés seraient visés, comme Barclays, BNP Paribas ou Deutsche Bank

Les propositions du président Obama et de son conseiller Paul Volcker jettent le trouble en Europe. Personne n’est capable à ce jour de mesurer leur effet. En revanche, il pourrait être significatif. «La limitation des activités d’investissement est une menace à prendre au sérieux, qui pourrait réduire encore, à terme, la rentabilité ‘normative’ du secteur déjà sérieusement écornée par le relèvement du niveau des fonds propres» écrit Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC.


On peut d’abord estimer que les établissements qui combinent trading pour compte propre et réseau outre-Atlantique seront les plus exposés. Il existe à ce titre un risque pour BNP Paribas, propriétaire de BancWest. Mais la banque déclare ne pas avoir d’activités de proprietary trading aux Etats-Unis «au-delà de ce qui est nécessaire pour servir [ses] clients», notamment dans les dérivés.


L’administration américaine pourrait retenir un champ d’application plus large pour leurs mesures, en limitant l’activité de compte propre de tout établissement ayant le statut bancaire. A ce titre, Barclays, Deutsche Bank, Credit Suisse et UBS, historiquement présents aux Etats-Unis dans la banque d’investissement, seraient les plus concernés.


Cela dit, beaucoup d’entre elles ont réduit la voilure dans les domaines concernés. Deutsche Bank a ainsi abandonné le trading dans le crédit. Le trading représente autour de 10% de ses revenus actions. En outre, « Deutsche Bank serait en mesure de transférer ces activités vers d’autres places», note Philipp Hässler, analyste pour Equinet (réseau ESN).


Si Bruxelles venait à préparer une version plus ou moins édulcorée du Glass Steagall Act (séparation entre banque de gros et banque commerciale), les «victimes» seraient plus faciles à identifier. Au delà de la part du trading dans les revenus et le bilan, d’autres signaux sont détectables: «le poids du portefeuille de trading par rapport aux capitaux propres mesure l’effet de levier du trading, donc la prise de risque de marchés, tandis que les dépôts rapportés au bilan permettent d’évaluer leur dépendance vis-à-vis du marché interbancaire», estime Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.


En croisant ces ratios, Barclays, BNP Paribas, Deutsche Bank, Natixis, RBS, la Société Générale et UBS sortent du lot. Parmi elles, donc, trois françaises. De quoi relativiser leur réputation d’établissements moins risqués.
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