La première caisse d'épargne espagnole, la catalane la Caixa, augmentera dans les prochains jours de 9,81% à 14,99% sa participation au capital de la banque hongkongaise The Bank of East Asia (BEA). Sa holding d'investissement, Criteria CaixaCorp, déboursera 331 millions de dollars (230 millions d'euros) pour l'achat de 121 millions de nouvelles actions, lors d'une augmentation de capital opérée à travers un placement privé sans droit de préférence auquel participera aussi Sumitomo Mitsui Banking Corporation pour augmenter sa participation jusqu'à 4,05%. L'opération devrait permettre à la banque de Hong-Kong de renforcer son ratio tier one jusqu'à 11,7% et son ratio de solvabilité total à 16%, selon la Caixa.
Cette dernière est entrée au tour de table de BEA en 2007. Les deux enseignes ont signé un accord en juin dernier permettant à la caisse catalane de prendre jusqu'à 20% du capital avec l'accord de sa partenaire.
«La position de Criteria au sein de BEA nous offre une exposition unique sur un marché dont les perspectives de croissance à long terme sont véritablement exceptionnelles», a déclaré le président de Criteria, Isidro Fainé, en soulignant que la première «banque indépendante» de Hong-Kong, avec environ 53 milliards d'actifs et 250 succursales, est «l'une des rares banques étrangères à compter sur une importante présence en Chine continentale.»
Alors que plusieurs grandes banques occidentales malmenées par la crise ont été forcées de retirer leur participation au capital de banques chinoises cette année, les grandes enseignes espagnoles profitent de leur relative santé pour s'y renforcer. La deuxième banque d'Espagne, BBVA, a annoncé ainsi en novembre l'augmentation de sa participation jusqu'à 15% au capital de la septième banque chinoise en terme d'actifs, China Citic Bank (CNBC), où son investissement représente désormais 3 milliards d'euros environ. Elle devance en Chine sa grande concurrente, Banco Santander, qui pourrait cependant s'intéresser à un réseau de banque commerciale.
La forte présence des Espagnols en Amérique latine, un marché qui intéresse la Chine, «suppose un avantage compétitif clé pour canaliser les flux commerciaux» entre les deux régions qui ont atteint 143 milliards de dollars en 2008, soulignait récemment BBVA. Leur savoir-faire dans la banque commerciale aiguise également l'appétit des Chinois.