Après l'annonce de performances trimestrielles en berne dans la banque de financement et d'investissement, dans un contexte de marché difficile, plusieurs acteurs de la finance ont engagé des suppressions de postes. Barclays, via sa filiale dédiée Barclays Capital (BarCap), prévoit ainsi de réduire de quelque 400 postes ses fonctions de back-office au niveau mondial (lire L'Agefi du 12 août), tandis que Credit Suisse entend supprimer 75 postes, notamment dans les fonctions support.
Quant à Royal Bank of Scotland, qui a accru ses effectifs de 6.500 dans ses activités titres l'an passé, elle entend «adopter une approche prudente dans les recrutements, en ligne avec les conditions de marché», selon un porte-parole du groupe.
Pour autant, «il s'agit plus d'une rotation des équipes que d'une remise en cause fondamentale du niveau d'effectifs. Cette tendance, qui va s'observer chez d'autres banques d'investissement, repose plus sur un réajustement en fonction des activités», souligne Jean Sassus, analyste en charge du secteur bancaire chez Raymond James.
Barclays a ainsi indiqué la semaine passée que les recrutements se poursuivront parallèlement dans les secteurs porteurs de croissance. Selon le porte-parole du groupe, ces recrutements devraient plus que compenser les réductions d'effectifs d'ici la fin de l'exercice 2010.
«Nous continuons à être proactif sur le contrôle de la taille de nos activités. Cela implique d'orienter les ressources vers les zones de croissance et d'ajuster les capacités aux besoins des clients», a expliqué Credit Suisse.
Par ailleurs, «Barclays et Credit Suisse avaient fortement accru leurs effectifs», souligne un autre analyste. Les effectifs de BarCap, qui a notamment racheté fin 2008 les activités américaines de Lehman, sont ainsi passés de 21.900 à fin 2009 à 25.500 à fin juin 2010, le groupe cherchant notamment à se renforcer dans le conseil en Asie et en Europe. A fin juin 2010, les effectifs de Credit Suisse dans la banque d'investissement s'établissaient à 20.600, soit une progression de 9,6% sur un an.
«Un processus continu d'adaptation des équipes, particulièrement dans les fonctions de back-office, fait partie intégrante de la gestion d'une banque d'investissement», indique le bureau d'études Helvea, ajoutant toutefois que ces ajustements de postes fournissent un indicateur du contexte difficile auquel continuent de faire face les banques d'investissement.