La gérante Lan Wang Simond chez Pictet & Cie Banquiers a confié à Bloomberg que «les ambitions majeures de levées de fonds par les banques chinoises constituent une nouvelle menace pesant sur les marchés». «Le pire est à venir (pour ces derniers)» assène-t-elle.
En cause, les projets évoqués par les banques chinoises de lever au total sur les marchés plus de 300 milliards de yuans, soit près de 40 milliards d'euros. Cela afin de renforcer leurs fonds propres face aux nouvelles exigences réglementaires et suite à une année 2009 record en termes de prêts accordés.
Ces tout derniers jours, Agricultural Bank of China (AgBank) et Bank of Communications (BoCom) sont sorties du bois. La première a publié les documents préparatoires de ce qui pourrait être la plus importante introduction en bourse (à Shanghai et à Hong Kong) jamais réalisée dans le monde. Surpassant d'ailleurs au passage sa rivale ICBC (Industrial & Commercial Bank of China), qui avait récolté 22 milliards de dollars à l'occasion de son IPO en 2006. AgBank n'a pas précisé le montant visé pour la mise en Bourse de 15% de son capital, mais les estimations sont revues à la baisse par rapport aux 25 milliards d'euros envisagés le mois dernier.
BoCom, de son côté, a avancé son projet de lever 33,07 milliards de yuans (4,1 milliards d'euros) par le biais d'une émission de droits. Soit un cinquième de moins qu'envisagé initialement.
Mais les investisseurs pourraient faire la moue. Le gérant Leo Gao a confié son souhait d'«éviter les banques (chinoises)», qui «sont bon marché mais pourraient devenir encore moins chères». Il envisage de ne pas participer à l'IPO d'AgBank si le ratio de valorisation sur actif net s'élève à 1,3, trahissant ainsi sa défiance car ce ratio atteint 2,1 et 1,5 respectivement pour ICBC et Bank of China pour 2010. L'émission promise par BoCom valorise les titres à 1,1 fois l'actif net.
Surtout, les projets révélés jusqu'ici ne seraient qu'un début. En avril, le président d'ICBC, Yang Kaisheng, avait estimé que les quatre principales banques chinoises pourraient chercher à lever 1.700 milliards de yuans pour satisfaire une demande de 15.000 milliards en nouveaux prêts au cours des cinq prochaines années.