D'indispensables efforts ont été consentis par les banques en termes de gestion du risque du fait de la crise du crédit. Pour autant, elles n'ont pas achevé ce labeur, et semblent même surestimer leur degré de protection face à un éventuel prochain séisme. C'est ce qu'avancent, dans un rapport présenté la semaine passée au Conseil de stabilité financière présidé par Mario Draghi, les régulateurs financiers de sept puissances économiques (dont la Banque de France, la FSA ou la SEC).
Regroupés au sein du Senior Supervisors Group présidé par William Rutledge de la Fed de New York, ces institutions ont recueilli les témoignages et auditionné les banques quant à leurs engagements face à la crise. Le rapport reconnaît que des initiatives internationales, telles la standardisation de certaines pratiques ou la volonté de dégonfler les volumes de transactions en dérivés de gré à gré non confirmées, ont permis de réduire de façon significative le risque systémique.
Pourtant, certaines faiblesses ayant grandement contribué à aggraver les turbulences perdurent et doivent faire l'objet d'améliorations. Parmi elles, les autorités, qui soulignent l'«évaluation irréaliste des risques de liquidité» à la source de la crise, reviennent notamment sur les pratiques de rémunérations variables. Si les régulateurs saluent les premiers pas consentis pour que l'attribution de bonus n'incite pas à une prise de risque excessive, ils restent dubitatifs quant au maintien dans le temps de telles évolutions.
Le rapport se désole par ailleurs de fréquentes lacunes des systèmes d'information, qui se sont révélés, selon le communiqué distinct de la Banque de France, incapables de «permettre une agrégation rapide et exhaustive des risques encourus ainsi qu'une valorisation adéquate des produits complexes». Notamment en raison des fusions et acquisitions qui ont multiplié les bases de données. Si les banques se targuent d'y consacrer d'importants budgets, le rapport assure qu'en réalité nombre de projets n'en sont encore qu'à un stade préliminaire.
Les régulateurs financiers mettent également en cause une gouvernance qui a pu masquer aux conseils d'administration ou aux dirigeants les «risques réels» pris par la banque, parfois du fait d'une «autorité insuffisante» des fonctions de contrôle face aux fonctions commerciales.