Les banques britanniques sont à la manoeuvre. Sous la pression du gouvernement, inquiet du faible niveau d'investissement des entreprises malgré des taux d'intérêt historiquement bas, les patrons de six grandes banques britanniques ont constitué un groupe de travail dont le but est de proposer des solutions visant à relancer le crédit aux entreprises, a annoncé lundi l'Association des banquiers britanniques (BBA).
La publication des résultats des banques, qui sont ressortis globalement supérieurs aux attentes, laisse entrevoir une marge de manoeuvre. Le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, a ainsi mis les établissements financiers face à leurs responsabilités en leur demandant d'accroître significativement leurs volumes de prêts sous peine de sanction.
Ripostant à ces injonctions, les banquiers britanniques ne souhaitent pas être mis en défaut sur leur coeur de métier. Le président de la BBA, Stephen Green, a ainsi rappelé que «comme vous, nous croyons qu'il y a une réelle nécessité de s'assurer que les entreprises viables puissent obtenir les financement dont elles ont besoin pour soutenir le redressement de l'économie du Royaume-Uni».
Dans son rapport de juin, la Banque d'Angleterre estimait que si les principales banques du pays limitaient les bonus distribués à leurs niveaux d'avant-crise et gelaient le versement des dividendes en 2010, elles auraient une réserve disponible supplémentaire de 50 milliards de livres pour accroître leurs volumes de crédits.
Il faut dire que les perspectives d'investissement des entreprises inquiètent les économistes sur l'ampleur de la reprise au Royaume-Uni. En effet, malgré un rebond de 6% au premier trimestre après six mois de contraction, BNP Paribas note que cet investissement «demeure toutefois toujours inférieur de plus de 20% au niveau d'avant la crise». De plus, le Crédit Agricole alerte sur le fait que «la forte volatilité des marchés financiers pourrait aggraver les difficultés des entreprises à se financer sur les marchés de capitaux».
C'est dans ce contexte d'incertitude que Stephen Green précise que l'objectif «est d'étudier les problèmes qui affectent actuellement les marchés de titrisation (...) et d'examiner d'autres questions qui influenceront la capacité des entreprises britanniques à obtenir les financements dont elles ont besoin pour soutenir la croissance du secteur privé».