Après un exercice 2009 et un début d'année 2010 fastes grâce aux produits de taux, les banques américaines savent que le deuxième trimestre sera plus difficile, les marchés obligataires ayant fait preuve d'une forte volatilité. JPMorgan ouvrira le bal des publications de résultats aujourd'hui. Il sera suivi demain par Citigroup et Bank of America.
Logiquement, l'effet de base sera cette fois-ci défavorable alors que le contexte se dégrade. «Les revenus tirés des marchés de capitaux devraient reculer, alors que les coûts du crédit devraient rester élevés», estiment les analystes de CreditSights. Dans le fixed income, seul le trading sur le change et les obligations d'Etat devrait conserver un niveau d'activité important. Credit Suisse s'attend pour sa part à des revenus d'activité également faibles sur les marchés primaires (introductions en Bourse, émissions obligataires).
CreditSight anticipe ainsi une baisse du bénéfice net par action (BPA) pour l'ensemble des principaux acteurs américains par rapport au premier trimestre, à l'exception de JPMorgan (dont le BPA stagnerait à 0,75 dollar) et Wells Fargo. Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui génèrent structurellement le plus de résultat, verraient leur BPA respectivement réduit de 38% et 49%. De nombreux analystes considèrent également que ces deux établissements ont le plus à perdre; ceux de Credit Suisse avaient déjà notamment réduit leurs prévisions de bénéfices.
Ainsi, ces établissements devraient continuer à réduire leur exposition au marché de masse américain, comme JPMorgan et Morgan Stanley l'ont déjà fait savoir: la banque privée et l'activité avec les économies émergentes figurent désormais parmi leurs priorités.
Des performances mitigées ne devraient donc pas surprendre. En revanche, les investisseurs risquent de porter une attention particulière à la qualité de crédit des établissements. «Une poursuite de l'amélioration observée au premier trimestre serait interprétée comme un signe positif», notent les analystes de la banque suisse. Le recul du montant des actifs douteux, essentiellement en banque commerciale – plus modérément dans les crédits hypothécaires –, avait dépassé les attentes en début d'année. Pour le deuxième trimestre, des signaux positifs sont attendus dans les prêts personnels.