Les banques américaines ont en majeure partie payé l'addition de la taxe sur les bonus instaurée en décembre dernier au Royaume-Uni. Les cinq principaux établissements bancaires outre-Atlantique se sont en effet acquittés d'une facture de plus de 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros).
A l'occasion de la publication des résultats au titre du deuxième trimestre 2010, JPMorgan et Citigroup ont indiqué avoir payé respectivement 550 et 404 millions de dollars de taxes, tandis que le coût pour Goldman Sachs s'est élevé à 600 millions de dollars, contre 361 millions de dollars pour Morgan Stanley. Bank of America a par ailleurs annoncé avoir payé 870 millions de dollars de dépenses additionnelles, incluant le coût de la taxe sans toutefois préciser le montant exact de cette dernière.
Or, selon les chiffres de l'ONS (Office of National Statistics), la facture payée par l'ensemble des banques entre la date d'annonce de la taxe et le 5 avril dernier, date correspondant à la fin de l'exercice fiscal au Royaume-Uni, s'est établie à 2,5 milliards de livres sterling (3 milliards d'euros, soit 3,8 milliards de dollars). Cette taxe de nature exceptionnelle est assise sur 50% des bonus supérieurs à 25.000 livres, payés par les banques, quelle que soit leur nationalité, pour l'ensemble de leurs salariés travaillant au Royaume-Uni.
En Europe, les principales banques britanniques, à savoir Barclays, HSBC, Lloyds Banking Group, Royal Bank of Scotland et Standard Chartered, se sont acquittées d'une facture globale liée à la taxe de 1,1 milliard de dollars. Credit Suisse a par ailleurs indiqué hier, lors de l'annonce de ses résultats trimestriels, avoir déboursé 447 millions de francs suisses dans le cadre de la taxe (332 millions d'euros), tandis que son compatriote UBS, qui doit dévoiler ses résultats du deuxième trimestre le 27 juillet, avait indiqué en début d'année prévoir un coût de 300 millions de francs suisses.
Alors que l'objectif de la taxe, affiché par le gouvernement britannique, est de réduire les primes excessives reçues par les banquiers, certains analystes relèvent toutefois le montant conséquent du coût global payé par les banques et s'interrogent sur l'atteinte du but initial.