La mobilisation des pouvoirs publics pour une plus grande régulation des CDS souverains s'intensifie. Le week-end dernier, les déclarations politiques sur le contrôle de ces dérivés de crédit, critiqués pour leur rôle dans la crise grecque, se sont multipliées. La ministre des Finances française Christine Lagarde a déclaré dimanche que «les CDS doivent être au moins rigoureusement réglementés et plafonnés ou bien interdits». Le porte-parole de son homologue allemand a aussi souligné hier la «nécessité d'améliorer la transparence et la régulation des CDS».
A la Commission européenne, des expertises sont en cours et Michel Barnier, le commissaire au Marché intérieur, souhaiterait présenter un projet de réglementation sur les produits dérivés, incluant les CDS, d'ici à l'été. L'Eurogroupe est également mobilisé. «Si les Grecs s'accrochent à des critères stricts et que les marchés continuent de spéculer contre la Grèce, nous ne les laisserons pas lui marcher dessus», a déclaré Jean-Claude Juncker, son président, au quotidien Handelsblatt hier.
Pour plus d'efficacité, les gouvernements européens entendent évoquer les CDS souverains au G20. L'Allemagne prévoit ainsi de lancer un débat au sein de ce groupe afin de déterminer si des mesures supplémentaires doivent être prises sur les CDS. Les vingt pays participant aux discussions se sont déjà engagés pour qu'au 31 décembre 2012 au plus tard, tous les marchés de gré à gré, dont celui des CDS, soient organisés et transparents.
Le week-end dernier, des responsables du G20 ont évoqué la question des CDS mais ils ne sont pas entrés dans le détail d'une éventuelle réforme, a indiqué John Lipsky, directeur général adjoint du Fonds monétaire international.
Un meilleur contrôle des CDS, en particulier souverains, devrait s'inscrire dans un renforcement du pouvoir des autorités de marché. C'est ce que demande Jean-Pierre Jouyer, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans une interview au Figaro hier. «Il est impératif que des décisions soient prises au niveau international - au G20 si possible - pour donner aux régulateurs des pouvoirs exceptionnels d'urgence dans des cas comme celui (de la Grèce, ndlr) pour refroidir le marché, en interdisant quelques jours ce type d'opérations, ou en interdisant des ventes à découvert», a-t-il déclaré.