L'entretien aura duré quinze minutes au téléphone mais n'a pas abordé la question d'une action sur les changes. Le contenu et la forme de la discussion tant annoncée, entre le Premier ministre japonais, Naoto Kan, et le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Masaaki Shirakawa, sont loin de ce qu'espéraient les marchés. «Ils ont échangé des vues sur la situation économique et financière, y compris les changes», a laissé entendre le secrétaire général du gouvernement, Yoshito Sengoku, lors d'une conférence de presse. Mais ils n'ont «absolument pas» discuté d'une intervention sur les changes malgré la hausse du yen (+9% depuis janvier). Hausse qui s'est d'ailleurs poursuivie hier avec un dollar/yen à 85,21, contre 85,61 la veille.
La discussion s'est donc focalisée sur la situation du pays. L'économie de l'Archipel n'a en effet progressé que de 0,1% au deuxième trimestre (L'Agefi du 17 août). Une situation qui lui a valu la semaine dernière de perdre sa place hautement symbolique de deuxième économie mondiale au profit de la Chine. Inquiet, le premier ministre japonais a sommé son gouvernement de lui faire des propositions concrètes pour sortir le pays de la stagnation. Un représentant du parti au pouvoir (PDJ) a déclaré espérer être en mesure de présenter un package, le 26 août, qui structurera le plan de relance du gouvernement attendu en septembre.
Un plan de relance qui devra trouver des financements. «Le gouvernement devra émettre plus d'obligations sécurisées si les stimulateurs supplémentaires atteignent plus de 1,7 milliard de yens», a expliqué à la télévision nationale, Koichiro Gemba, président du parti majoritaire. Alors que le ministère des Finances doit émettre 12,9 milliards d'obligations à 20 ans aujourd'hui, les marchés s'attendent donc à une augmentation du programme d'émission. Les taux ont toutefois peu réagi lors de la journée d'hier, les rendements à 10 ans ayant fluctué dans une fourchette de 0,93% à 0,95%.
Toute action de politique monétaire n'est en tout cas pas exclue. La BoJ attendant probablement sa réunion du 6 et 7 septembre prochain pour agir. Une nouvelle extension des prêts d'urgence à 0,1% est à envisager. En mars, la BoJ avait déjà pris une mesure d'assouplissement monétaire, en doublant le montant de ses prêts d'urgence.