Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), s'est livré hier à un plaidoyer pour l'assurance vie. Et pour cause: cette activité a permis au secteur de se refaire une santé après deux exercices difficiles. Selon la FFSA, les cotisations d'assurance vie ont progressé de 12% en 2009 à 137,5 milliards d'euros. Elles avaient chuté de près de 11% l'année précédente. Elles ont permis à l'ensemble du marché français, dommages inclus, de frôler les 200 milliards d'euros (+9%). Par effet mécanique, les provisions mathématiques vie ont progressé de 10% à 1.234 milliards.
L'embellie s'explique par des taux d'intérêt courts restés bas. La baisse du rendement de la liquidité a provoqué un afflux vers les produits d'épargne longs. Pour Bernard Spitz, l'assurance vie est redevenue le «placement préféré des Français». Elle représente (hors épargne retraite) 51% de l'encours des produits d'épargne longue en 2009.
Cette classe d'actifs «devrait encore bénéficier d'un réel pouvoir d'attraction en 2010 face à la faible rémunération des placements liquides», explique Bernard Spitz. Mais le rythme sera compris entre 4% et 6%. Contrairement à 2009, «l'assurance vie ne bénéficiera plus de réinvestissements provenant de cessions immobilières, ni de la liquidation de produits d'épargne liquide».
Plus inquiétant, le redressement en 2009 provient des contrats en euros, dont les cotisations ont progressé de 17% (à 119 milliards d'euros). De même, si la collecte nette connaît une forte progression en assurance vie (+80% à 51 milliards), c'est en raison des supports en euros. Or, ils sont moins rentables que les supports en unités de compte, dont les cotisations ont encore reculé (-11% à 18,2 milliards) après une chute de 40% en 2008. Leur collecte nette a très peu progressé en 2009 après la dégringolade de 2008.
Le ratio combiné des assureurs sera donc d'autant plus sous pression que le coût des sinistres a augmenté de 10% l'année dernière dans les assurances de biens et de responsabilité (à 35 milliards). La tempête Klaus (1,7 milliard de coût) n'est pas la seule responsable, puisque, de l'aveu même de la FFSA, la sinistralité a progressé dans tous les secteurs (automobile, habitation, etc.). Les cotisations n'ont progressé que de 1% à 45 milliards d'euros, grâce à la multirisque habitation.