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Les assureurs européens souffrent de la crise pour des raisons différentes

le 08/08/2008

Axa a déprécié ses actifs de plusieurs centaines de millions d’euros. Dresdner handicape Allianz, et Aegon pâtit de son tropisme américain

«Oui, la crise des marchés financiers a laissé ses marques sur Allianz», admet l’assureur allemand, qui abandonne son objectif d’une croissance du bénéfice opérationnel de 10 % en 2008 et 2009. Mais les résultats d’autres assureurs européens démontrent qu’ils ne sont pas non plus à l’abri. Axa a ainsi déprécié ses actifs de 739 millions d’euros, impactant le bénéfice semestriel (- 29 %). Malgré des «provisions limitées» de 98 millions d’euros, Aegon a vu, quant à lui, reculer son bénéfice trimestriel de 58 %, à 276 millions d’euros.



«L’exposition d’ Aegon à des actifs risqués est supérieure à la moyenne, ce qui est probablement inévitable» pour un assureur vie très actif aux Etats-Unis, rappelaient les analystes de Keefe, Bruyette & Woods (KBW) dans un point sur les assureurs européens mi-juillet. La situation est toute autre pour Allianz, qui souffre de la crise – avec un bénéfice net en baisse de 29 %, à 1,5 milliard d'euros – notamment à cause de sa filiale bancaire Dresdner Kleinwort. Cette dernière a déprécié ses actifs de 286 millions d'euros. Son exposition nette restante aux ABS (asset-backed securities) est de 4,6 milliards d’euros.


«Notre confort sur l’exposition aux crédits structurés est contrebalancé par l’exposition du secteur aux marchés actions», s’inquiétait KBW dans le même rapport. Sans prévoir une perturbation des marchés actions semblable à celle de 2002-2003, KBW estime que «l’exposition est suffisamment importante pour qu’une volatilité prolongé des marchés actions entrave la performance du secteur». Allianz, qui avait investi 22 % en actions en 2007, a indiqué que sa «sensibilité à la volatilité des marchés actions a été encore réduite», sans donner de précisions.


«L’exposition au risque actions était vu comme un problème pour Axa (qui avait investi 12 % en actions en 2007, ndlr.). C’est tout le contraire», estime le groupe. Grâce à son programme de protection de dérivés d’une durée de 12 à 21 mois, l’assureur français est parvenu à dégager 477 millions d'euros de gains sur le semestre. De quoi contrebalancer en partie les 768 millions d'euros de provisions pour dépréciation durable passées sur le portefeuille actions. Selon les calculs d' Axa, une baisse de 10 % du marché actions aurait un impact de seulement 500 millions d’euros sur ses fonds propres.

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