Les ETF sectoriels prennent leur envol

Dans un contexte de hausse de la volatilité des actions, des gérants, et en particulier des hedge funds, s'exposent à court terme à des secteurs.

Par Agnès Lambert le 11/02/2010 pour L'AGEFI Hebdo

 
 


Les ETF (exchange traded funds) sectoriels, répliquant des indices sectoriels européens, ont pris leur envol l'an dernier : leur encours est passé de 4,5 milliards d'euros fin 2008 à 7,8 milliards fin 2009. La forte progression (+73 %) des actifs bénéficie principalement à Lyxor, mais aussi à Source, dont l'offre n'a pourtant été lancée qu'à l'été 2009.


La plate-forme d'ETF lancée par Bank of America Merrill Lynch, Goldman Sachs et Morgan Stanley affiche, fin janvier, un encours de 1,1 milliard d'euros sur ses produits sectoriels européens. Ce succès rapide repose sur une stratégie de différenciation forte par rapport aux autres produits du marché. En effet, Source ne réplique pas des indices sectoriels Stoxx comme le font Lyxor, iShares ou db x-trackers, ou encore MSCI comme pour CASAM ETF, mais des benchmarks Stoxx optimisés.


Indices optimisés
Ces indices éliminent les soixante valeurs les moins liquides du DJ Stoxx 600. Par ailleurs, le poids unitaire de chaque valeur est plafonné. Résultat, tous les indices optimisés respectent les règles de diversification de la réglementation Ucits 3, ce qui n'est pas le cas de tous les indices Stoxx sectoriels classiques. « L'utilisation des indices optimisés de Stoxx améliore fortement la liquidité de nos ETF sectoriels par rapport aux autres produits du marché, explique Ludovic Djebali, responsable de la vente institutionnelle France et Benelux. Cela nous permet notamment d'afficher des fourchettes achat-vente très étroites, et pour des tailles d'ordres très élevées. » Ces produits sont majoritairement utilisés en trading. « Les cinq banques d'investissement contreparties des produits Source assurent le prêt-emprunt d'ETF sur nos produits sectoriels, ajoute Ludovic Djebali. Nos clients institutionnels, et plus particulièrement les 'hedge funds', apprécient notamment cette possibilité puisqu'ils peuvent par exemple 'shorter' un ou deux secteurs sur une très courte période dans de bonnes conditions de liquidité. »


Les concurrents de Source pointent cependant du doigt que les indices optimisés ne reflètent pas fidèlement les secteurs européens, ce qui peut gêner certains clients institutionnels utilisant des indices de référence classiques dans leur allocation d'actifs. Le leader de ce segment de marché, Lyxor, avec 2,36 milliards d'euros sous gestion à fin décembre 2009, voit lui aussi ses ETF changer de mains rapidement. « Les ETF sectoriels ont pris leur envol à partir de l'automne 2008, dans un environnement de forte volatilité, confirme Isabelle Bourcier, responsable monde des ETF pour Lyxor. De nombreux gérants actions ont commencé à utiliser ces ETF de manière dynamique pour prendre position sur des secteurs plutôt que de se limiter au 'stock-picking' dans leurs fonds. Ils sont aussi beaucoup utilisés par les 'hedge funds'. »

Comme pour Source, les ETF sectoriels de Lyxor répliquent leurs indices de façon synthétique, grâce à des swaps, ce qui permet de créer des ETF conformes à la réglementation Ucits 3, quand bien même l'indice sous-jacent ne l'est pas.


Plutôt en réplication synthétique
De son côté, iShares propose deux offres sectorielles sur les indices DJ Stoxx, l'une en réplication physique, l'autre en réplication synthétique. « Au sein de notre gamme d'ETF sectoriels, seuls les produits à base de 'swap' sont conformes à la réglementation Ucits 3, qui est importante pour certains clients, rappelle Nizam Hamid, directeur de la stratégie Europe chez iShares. Mais nous constatons cependant que nos produits sectoriels à réplication physique suscitent plus d'intérêt : ils totalisent 1,6 milliard d'euros d'encours, contre 440 millions pour les sectoriels à base de 'swap'. » La conformité à la norme Ucits 3 ne semble donc pas importante pour tous les clients.


EasyETF a de son côté renoncé à gérer ses produits sectoriels par réplication physique. « Depuis le début de l'année, le périmètre de nos ETF sectoriels est passé de la zone euro à l'Europe. De plus, nous utilisons désormais la réplication synthétique qui permet, entre autres, d'offrir un meilleur profil fiscal et de proposer des produits Ucits 3 », précise Guillaume Dolisi, responsable de la plate-forme EasyETF, dont les encours s'établissent à 280 millions d'euros sur cette offre. 

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