Ces dernières semaines, deux enquêtes ont été lancées aux Etats-Unis sur les ETF à effet de levier, ces produits indiciels qui ont pour objectif de démultiplier, à la hausse et à la baisse, la performance d'indices.
La Finra, qui régule les courtiers aux Etats-Unis, a lancé une enquête sur les ventes d'exchange-traded funds à effet de levier ou inverses, c'est-à-dire qui réalisent une performance opposée à celle du marché. L'autorité s'inquiète de la complexité de ces produits et ne les juge pas adaptés aux investisseurs particuliers, notamment « dans des marchés volatils ».
Dans la foulée, l'Etat du Massachusetts vient d'ouvrir une enquête sur les pratiques commerciales de trois fournisseurs, Rydex Investments, Direxion Funds et ProShares qui figurent parmi les dix premiers acteurs sur le marché américain.
Au coeur du débat se trouve la performance de ces fonds par rapport aux indices de référence. Pour un indice qui ouvre à 100 et progresse de 10 % puis, lors de la séance suivante, recule de 10 %, l'ETF qui offre un doublement de la performance de l'indice, progressera de 20 % à 120 à l'issue de la première journée, puis reculera de 20 % le deuxième jour. Du coup, il clôturera à 96 dollars alors que l'indice vaudra 99. La performance des ETF peut en outre s'éloigner des indices en raison des coûts de transaction liés à l'utilisation de produits dérivés pour la gestion.
La polémique n'a pas traversé l'Atlantique pour l'heure. En France, tous les ETF doivent recevoir le visa de l'AMF qui revoit également les publications marketing. « L'AMF nous demande de préciser dans nos documents que les ETF à effet de levier sont basés sur des indices de stratégie. Nous devons par conséquent expliciter leur stratégie. Nous le faisons, entre autres, dans nos documents marketing où nous rappelons la différence entre une réplication quotidienne et une réplication sur le long terme au travers d'un exemple concret. Nous précisons par ailleurs que l'objectif est de répliquer la performance de l'indice leveragé, quelle que soit son évolution, positive ou négative», explique Valérie Baudson, directeur de Casam ETF. La typologie du marché réduit aussi le risque de polémique. Les particuliers représentent moins de 10 % du marché européen, contre 60 % du marché américain.