Pour l'instant le compte n'y est pas. Alors que l'Insee doit publier sa première estimation du PIB français pour le second trimestre vendredi prochain, la Banque de France (BdF) anticipe déjà, dans son enquête de conjoncture mensuelle publiée hier, un troisième trimestre décevant. Après 0,1% au premier trimestre, probablement 0,4% au second et une prévision de 0,3% au troisième, il y a peu de chance que la croissance française atteigne les 1,4% attendus pour 2010.
Si l'activité de l'industrie et des services continue à progresser, c'est en effet toujours à un rythme modéré. Et surtout, rien n'indique que le quatrième trimestre sera assez robuste pour atteindre les 0,6% manquant dans les prévisions annuelles. Dans sa dernière note de conjoncture, l'Insee voyait «une fin d'année sous des auspices moins favorables», avec une anticipation de croissance à 0,4% pour le quatrième trimestre.
Avec sa prévision à 0,3%, la Banque de France anticipe ainsi une croissance à 0,1 point de pourcentage de moins que l'Insee dans sa dernière note de conjoncture publiée en juin dernier. Plus pessimiste que l'institut de statistique, la Banque avait déjà revu ses prévisions pour le second trimestre à la baisse en juillet à 0,4%, contre 0,5% précédemment. Même si elle n'atteint pas les 1,4% anticipés sur 2010, l'économie française envoie tout de même des signes de reprise par rapport à 2008 (0,1%) et surtout 2009 (-2,5%). Dans son enquête, la Banque de France explique qu'«en juillet, l'activité industrielle a progressé sur un rythme comparable à celui du mois précédent. L'ensemble des secteurs a évolué favorablement; seuls les autres matériels de transport hors automobile sont restés stables».
Dans le détail, côté industrie, le taux d'utilisation des capacités de production a légèrement reculé à 76,4% contre 76,8% en juin, restant cependant bien inférieur à sa moyenne sur longue période de 82%. Les carnets de commandes et les stocks de produits finis sont quant à eux restés proches du niveau jugé normal. L'indicateur du climat des affaires dans l'industrie n'a pas évolué, à 101, alors que dans les services il a cédé un point, à 96. L'activité dans ce secteur «a poursuivi sa progression, soutenue notamment par le travail temporaire», et «les effectifs ont continué de progresser, de manière moins soutenue qu'en juin néanmoins», précise la BdF.