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Le spectre d'une recapitalisation plane sur BNP Paribas et la Société Générale

le 25/11/2008

Alors que le secteur a été porté lundi par le sauvetage de Citigroup, les deux titres n'ont pas pleinement profité du rebond

A contre-courant. Alors que les indices boursiers et le secteur bancaire européen ont évolué en territoire positif lundi, la Société Générale, BNP Paribas et Dexia ont lontemps fait figure d’exception. Les deux premières ont passé la majeure partie de la séance dans le rouge pour finalement terminer sur des progressions de 3,2 % et 8,4 %, la dernière a reculé de 1,7 % au sein d’un CAC 40 en hausse de 10,1 %.

«Dexia présente une problématique différente des deux autres banques, avec un redressement qui sera long et compliqué», estime Pierre Flabbée, analyste chez Kepler. «Concernant BNP Paribas et la Société Générale, le marché pense à tort ou à raison que les deux banques vont procéder à une recapitalisation. La levée de fonds de Standard Chartered va dans ce sens en constituant un deuxième précédent après Santander, qui était considérée comme suffisamment solide», poursuit-il.


Si Pierre Flabbée considère que du point de vue des fondamentaux une recapitalisation de BNP Paribas et de la Société Générale n’est pas nécessaire, d’autres expriment un avis différent. «Les valeurs qui rebondissent sont celles qui bénéficient de plans. En Europe, les augmentations de capital massives ont eu lieu hors de France. Les banques de l’Hexagone seront forcément les prochaines», estime un professionnel.

Pour un autre analyste de la place parisienne, «les banques françaises sont moins bien capitalisées que les autres banques européennes. En outre, il existe également des interrogations sur les activités de dérivés actions, sur lesquelles BNP Paribas et la Société Générale sont leaders européens».


Le marché semble par ailleurs imperméable aux messages se voulant rassurants des directions. Alors que BNP Paribas a indiqué le 19 novembre que «ses ratios satisfont pleinement les exigences du régulateur» et que «les seules augmentations de capital programmées (…) sont celles (permettant) de faire l'acquisition relutive des activités de Fortis Banque», la Société Générale a déclaré le 4 novembre que son niveau de solvabilité lui permettrait de «faire face à une nouvelle dégradation de la conjoncture économique en 2009». Tout au long de cette période de crise, «les banquiers n’ont en aucun cas fait preuve de pro-activité et le marché en a clairement pris conscience», estime un analyste.


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