La réassurance a mieux résisté que prévu aux catastrophes naturelles, mais est encore loin de lever les inquiétudes qui pèsent sur le secteur. Après Munich Re et Swiss Re, c'était hier au tour de l'allemand Hannover Re de publier des résultats supérieurs aux attentes.
Le quatrième réassureur mondial a annoncé mardi un résultat net de 160 millions d'euros au deuxième trimestre, en baisse de 23,5% sur un an, mais en hausse de 6% par rapport au premier trimestre 2010. Helvea considère ces résultats comme «rassurants compte tenu des résultats décevants de Swiss Re la semaine passée».
Helvea note que «la bonne surprise est venue de la division vie et santé du groupe» qui a dégagé un résultat opérationnel de 83 millions d'euros, en hausse de 32% par rapport au premier trimestre. Les primes brutes ont progressé de 9,4% sur un an à 2,8 milliards d'euros, tandis que le ratio combiné limite sa hausse à 0,2 point (99,5%).
Ce sont surtout les charges liées à la multiplication des catastrophes naturelles depuis janvier qui ont pesé sur les résultats du secteur en général. Au premier semestre, les charges de réassurance dommages du groupe allemand ont représenté 407,6 millions d'euros, et la marée noire du Golfe du Mexique lui a coûté 89 millions, un chiffre deux fois supérieur aux premières prévisions du groupe.
La baisse du résultat est également imputable à la contraction de ses revenus sur investissements. A l'issue du premier semestre, le portefeuille d'investissements s'élevait à 551,4 millions d'euros, contre 569,2 millions un an auparavant. Les plus-values enregistrées atteignent 77 millions d'euros, tandis que les moins-values latentes se montent à 86 millions.
Hannover Re maintient ses prévisions de bénéfice annuel à 600 millions d'euros pour 2010, et compte en distribuer 35% à 40% sous forme de dividende. Si cet objectif semble réaliste, 310 millions ayant déjà été réalisés au premier semestre, le réassureur conditionne son objectif à une charge en dommages inférieure à 280 millions d'euros, un scénario optimiste qui inquiète les investisseurs en pleine saison des ouragans.
Les pressions à la baisse sur les prix de réassurance, ainsi que les difficultés auxquelles les réassureurs pourraient être confrontés pour lever des capitaux, du fait d'une capitalisation insuffisante, en cas de catastrophe naturelle majeure, pèsent aussi sur les perspectives du secteur.