L'Association de Genève qui regroupe quatre-vingts des plus importantes compagnies d'assurance et de réassurance, vient de publier un rapport sur «l'assurance et le risque systémique». L'épais document a été remis à l'Association internationale des superviseurs de l'assurance (IAIS) vendredi 26 février.
«Les assureurs n'étaient pas à l'origine de la crise et de surcroît ils n'ont pas été les plus durement frappés», rappelle Benoît Claveranne, directeur des affaires européennes et institutionnelles d'Axa qui a participé aux réflexions de l'association. «Si AIG s'est trouvé au cœur de la crise via les CDS, ce n'est pas pour ses activités d'assurance, mais pour des activités bancaires menées de Londres et par stratégie de contournement des superviseurs», ajoute-t-il.
Le modèle économique de l'assurance et de la réassurance est une source de stabilité, indique l'association. Le secteur n'est pas systémique car il vit dans et pour le long terme. D'ailleurs il convient d'ajouter le critère de temps, c'est-à-dire la vitesse de transmission aux tiers, aux trois critères du Conseil de stabilité financière pour juger un risque systémique que sont la taille, l'interconnexion et la substituabilité. Et au sein du secteur, aucune institution ne peut être systémique selon ces critères, affirme le document: en cas de défaillance, un acteur important va «transférer sa mort lente» aux autres selon un processus organisé et ordonné. Dans l'assurance, un choc est forcément lent, assurent les professionnels.
Qu'en est-il de leurs activités? En ce qui concerne les principales (gestion des investissements, émission de dettes, transfert de risque et gestion des fonds propres), aucune ne présente un risque systémique. Seules, deux activités «non essentielles» pourraient présenter ce caractère: la négociation de produits dérivés comme les CDS et un risque de liquidité (papier commercial ou prêt de titres par exemple). Ce risque faible n'empêche pas l'association de Genève de faire cinq recommandations pour améliorer la situation existante: une supervision groupe plus efficace; un renforcement de la gestion du risque de liquidité; une réglementation accrue de l'assurance garantie financière, la création d'une surveillance macroprudentielle et l'amélioration des pratiques de la gestion des risques.