Quelle sera la réaction du marché automobile à l'arrêt des primes à la casse? Tel est aujourd'hui le grand sujet d'inquiétude concernant les constructeurs européens. Une inquiétude d'autant plus justifiée que le marché allemand a plongé de 29,8% le mois dernier.
S'il est aujourd'hui difficile d'évaluer ce que sera le marché européen cette année, Credit Suisse a pris le problème à l'envers, c'est-à-dire en simulant l'impact qu'aurait un effondrement des ventes. Le bureau d'étude dresse un bilan moins catastrophique que redouté de cette sorte de «stress test» sur Renault, PSA, Fiat, VW, Daimler et BMW. Son scénario noir intègre un recul des immatriculations européennes de 16% (contre -8% pour le scénario de base). L'impact sur le résultat opérationnel cumulé du secteur serait manifeste avec un écart de 4,2 milliards d'euros entre les deux hypothèses. Mais les constructeurs resteraient largement dans le vert avec un résultat total de 6,78 milliards.
Credit Suisse s'est aussi intéressé au cash flow libre. La consommation de liquidité grimperait alors à 9 milliards d'euros, contre 3 milliards pour le scénario central. La situation serait donc bien moins sévère qu'en 2008, année durant laquelle la destruction de liquidités cumulée a atteint 19 milliards d'euros. C'est notamment le niveau resserré des stocks qui permettrait de limiter la consommation de cash. «Dans l'ensemble, les groupes européens ont fini 2009 avec des stocks inférieurs de 660.000 unités à ceux de fin juin 2008», précise Credit Suisse.
Un scénario noir ne viendrait de surcroît pas effacer la totalité des progrès effectués l'an passé puisque les constructeurs sont parvenus en 2009 à faire remonter un total de 11 milliards de liquidités. Ainsi, même avec des hypothèses basses, le secteur finirait l'année avec une dette nette cumulée de 1,4 milliard d'euros selon Credit Suisse. Autant dire que pour la banque, «le risque d'insolvabilité ou d'augmentation de capital apparaît assez éloigné».
Bien entendu, les effets seraient variables d'un groupe à l'autre. Pour le bureau d'analyse, PSA apparaît parmi les plus sensibles. Attendu à l'équilibre par le consensus, son cash flow libre pourrait tomber à -2 milliards voire -3 milliards. Ceci tient à son exposition aux ventes aux particuliers. PSA serait aussi l'un des plus affecté par un plongeon des ventes en Espagne, au Portugal et en Grèce. Il y réalise 7% de ses ventes.