Le nouveau Conseil de stabilité financière au chevet d'un système bancaire toujours fragile

«Nous ne sommes toujours pas revenus au niveau d’avant la crise» a expliqué le président du CSF, Mario Draghi

Par la rédaction le 29/06/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Le système financier mondial, ébranlé par la crise, est loin d'être sorti d'affaire, a estimé samedi le Conseil de stabilité financière (CSF). L'institution qui a succédé au Forum de stabilité financière tenait sa première réunion, samedi à Bâle.
Sa composition a été élargie, elle comprend ainsi désormais tous les pays G20 (regroupant les principaux pays développés et émergents de la planète), ainsi que les anciens membres du FSF (dont le FMI, la Banque mondiale, la Banque des règlements internationaux, BRI, ou encore l'OCDE), l'Espagne et la Commission européenne.
Il a été mandaté pour collaborer avec le FMI afin de mettre en place un système d'alerte précoce et de réaction aux risques macro-économiques et financiers.
«Nous avons plus ou moins retrouvé le niveau où nous étions avant Lehman, mais nous ne sommes toujours pas revenus à celui d'avant la crise», a expliqué le président du CSF, Mario Draghi, lors d'une conférence de presse.
Les responsables politiques devraient poursuivre leurs efforts pour rendre les marchés financiers plus résistants, alors qu'il subsiste des signes de fragilité, a-t-il déclaré.
Les responsables politiques doivent aussi prévoir et coordonner à terme leurs stratégies pour mettre fin aux mesures prises pour limiter la récession, comme de grandes injections de liquidités sur les marchés ou des prises de participations publiques au capital de certaines banques. «Les stratégies de sortie (de crise) doivent être crédibles. Pour l'être, on doit à la fois avoir réparé les systèmes bancaires avant de resserrer la politique monétaire et on doit avoir des signes convainquant de rétablissement économique durable», a estimé Mario Draghi, qui est également patron de la Banque centrale italienne. Les banques américaines ont levé des dizaines de milliards de dollars auprès d'investisseurs privés après avoir dépendu de fonds publics pour leur sauvetage mais le processus de redressement de leurs comptes n'est dans l'ensemble pas encore terminé.
Les prêts bancaires et les émissions de titres ne sont pas encore suffisants pour soutenir une reprise économique durable, a-t-il estimé, même s'il salue «les progrès très importants que nous avons accomplis depuis avril».

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