L'année 2009 devrait bien avoir marqué un creux en matière de prêts syndiqués. En tout cas, le sursaut observé à fin juin s'est confirmé au cours de l'été. Sur le premier semestre, Thomson Reuters chiffrait les volumes à 1.115 milliards de dollars au niveau mondial. Soit une progression de 16,3%. Or, selon un pointage effectué en fin de semaine dernière, cette avance s'est amplifiée. Avec des financements avoisinant les 1.500 milliards de dollars, la progression est désormais de 26%.
Bien que le financement de 45 milliards de dollars prévu par BHP Billiton pour son offre sur Potash Corp constitue un record depuis 2008, ce n'est pas l'Europe qui a dynamisé jusqu'ici le marché. Les volumes y sont même en baisse de 4,5% à 324 milliards de dollars.
En revanche, le marché américain a véritablement décollé. Grâce à des montants levés en hausse de 67% (800 milliards de dollars), il pèse cette année 53% des volumes mondiaux contre 40% un an plus tôt. L'Asie (hors Japon) est également en progression (+23%). Toutefois les montants en jeu y restent plus mesurés avec 137 milliards de dollars.
L'autre explication du retour des statistiques dans le vert, tient au rebond spectaculaire observé sur les prêts à effet de levier (leverage loans). Les montants octroyés sont sur ce segment en progression de 47% à 348 milliards de dollars. Et c'est là aussi les financements octroyés outre-Atlantique qui tirent les statistiques à la hausse. Près de 265 milliards de dollars ont été accordés aux Etats-Unis (+86%). Ce goût plus prononcé des banques pour les financements à risque est parfaitement caractérisé par le celui de 5 milliards de dollars prévu cet été par Reynolds Group pour racheter Hefty.