Le marché du LBO est revenu à ses niveaux de 2004 en France

En 2008, 99 opérations ont été réalisées dans l’Hexagone pour un montant global de 11 milliards d’euros, en recul de 52% sur un an

Par Virginie Deneuville le 12/01/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

La crise financière a profondément ébranlé l'industrie du LBO. En France, l'activité de ce marché est revenue en 2008 à ses niveaux de 2004, tant en termes de valeur que de volume. Selon le rapport annuel 2008 sur les LBO européens réalisé par Unquote en partenariat avec Bridgepoint - que L'Agefi dévoile en exclusivité en France - 99 opérations ont été réalisées au sein de l'Hexagone pour un montant global de 11 milliards d'euros, en recul de 52% sur un an.
La France reste le deuxième marché du LBO en nombre d'opérations derrière la Grande-Bretagne et le troisième en valeur en se faisant devancer par l'Allemagne. Toutefois, la part des opérations françaises s'est accrue, représentant 15% de la valeur globale des transactions européennes, contre 12% un an plus tôt. Au sein du Vieux Continent, ce sont 572 transactions qui ont été réalisées en 2008, soit un recul de 30% sur un an, pour un montant global de 73 milliards d'euros (-61%). Les cessions d'entreprises familiales et privées représentent, en France comme dans l'ensemble de l'Europe, la principale source d'opérations. Avec 54 opérations de ce type dans l'Hexagone et 281 sur le Vieux Continent, elles comptent pour respectivement 48% et 49% des transactions. 

En termes de perspectives, «2009 devrait être dans les mêmes eaux, tant en volume qu'en valeur, que 2008. Un retour de l'activité sur le marché des LBO devrait intervenir vers la fin de cette année, estime Benoît Bassi, associé, responsable des activités françaises de Bridgepoint. En dépit du contexte actuel, je pense que la profession a un bel avenir devant elle face aux importants besoins de fonds propres des entreprises. Alors que les professionnels vont devoir se montrer plus sélectifs et face à des valorisations moins élevées, les rendements futurs pourraient être plus élevés que ceux enregistrés à leur plus haut en 2006-2007».
Selon une étude publiée par l'IESE Business School en partenariat avec le cabinet Boston Consulting Group, 40% des sociétés de capital-investissement risquent toutefois de disparaître au cours des trois prochaines années en raison de l'aggravation de la crise économique. «L'approche des investisseurs devra être moins financière pour tenir davantage compte de la qualité de l'actif et du projet stratégique», indique Benoît Bassi.

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