Le premier indice ISR de petites et moyennes valeurs sortira en octobre

Petites et moyennes capitalisations, jusqu’à présent absentes de l’univers « développement durable », n’échapperont pas à la vague ISR.

Par Valérie Riochet le 11/06/2009 pour L'AGEFI Hebdo

 
 


En ces temps mouvementés, l'investissement socialement responsable (ISR) s'affiche comme une valeur refuge. La dernière étude de Novethic note que sur 2008, année pour le moins chaotique pour les marchés financiers, le total des encours ISR détenus par les résidents français est passé de 22 à 29,9 milliards d'euros. A l'origine de cette montée en puissance, « la conversion à l'ISR de grands fonds d'investissement et de nouveaux mandats institutionnels », explique Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice générale de Novethic. Si ce marché a crû de 37 %, les grandes oubliées de cette image d'Epinal restent les petites et moyennes capitalisations. « Néanmoins, l'univers est en pleine mutation, poursuit-elle. Les fonds actions large capitalisation sont désormais minoritaires en raison de la domination des produits de taux qui constituent aujourd'hui les deux tiers des encours ISR. Parallèlement, on assiste à une diversification de la nature des actifs ISR dont sont encore très absentes les petites et moyennes valeurs, sauf celles qui opèrent dans des métiers liés à l'environnement. Il faut pour cela une offre d'analyse spécifique, qui d'ailleurs commence à exister au sein des équipes d'analystes ISR internes et/ou d'agences spécialisées. »


Unique en Europe

Et comme pour se faire l'écho de cette requête, à l'heure où Novethic communiquait les résultats de son étude, IDMidCaps, un bureau d'analyse financière traditionnelle, ainsi qu'EthiFinance, une agence d'analyse extra-financière spécialisée dans l'évaluation de la responsabilité sociale des entreprises, annonçaient la mise sur pied du tout premier indice ESG (environnement, social et gouvernance) sur les valeurs moyennes. « Le développement durable concerne plutôt les grandes entreprises et de fait, les fonds actions ISR ont un biais grandes capitalisations », soulève Emmanuel de La Ville, directeur général d'EthiFinance. Manque d'intérêt ? Problème de moyens ? « Toujours est-il que toutes les entreprises, quelle que soit leur capitalisation boursière, vont être impactées par cette problématique, poursuit-il. Que ce soit sous la pression d'une réglementation croissante, de clients qui intègrent ces critères dans leur chaîne de production ou encore de marchés financiers pour lesquels cette problématique n'a de cesse de prendre du poids. »

Lancer un indice ISR sur les moyennes capitalisations semble ainsi aller dans le sens de l'histoire. D'autant qu'en Europe, il n'existe aucun benchmark typé ISR small et midcap. « L'objectif est donc de donner de la visibilité aux PME », résume Emmanuel de La Ville. « Gaia Index », dont la sortie est prévue le 1er octobre prochain, vise la notation de 80 critères ESG.

Les mieux notées retenues

Pour commencer en douceur, « nous avons sélectionné 26 critères la première année, précise Gaël Faijean, président de IDMidCaps. Pour l'heure, la grille de notation comprend vingt questions relatives à la « gouvernance » (quelle est la part détenue par la famille fondatrice ? Par les salariés ? Quel est le nombre d'administrateurs indépendants ?...), contre trois questions « social » et trois « environnement » (existe-t-il un bilan carbone ?...). Dans les faits, ce sont pas moins de 150 à 200 entreprises cotées depuis au moins trois ans et dont la capitalisation est inférieure à 2 milliards d'euros qui sont appelées à remplir cette grille de notation. « Le ‘scoring' par société s'articulera donc autour de trois sections - ‘gouvernance', ‘social' et ‘environnement' - et de trois modèles économiques selon que la société appartient au secteur des services, au secteur de l'industrie ou celui de la distribution », développe Gaël Faijean. Chaque réponse génère une note : 0, 1 ou 2 (mauvais, neutre, bien). La moitié des sociétés étudiées possédant les meilleurs résultats au prorata de chaque modèle économique feront partie de l'indice et leur pondération au sein de Gaia Index s'effectuera en fonction de leur taille.

Ce questionnaire formalisé aidera ainsi les PME, parfois à l'initiative d'une vraie démarche ESG, mais peu enclines à communiquer, à porter à la connaissance des investisseurs leur politique en matière de développement durable. « Pour les investisseurs, au rang desquels les sociétés de gestion, des informations sur les valeurs moyennes seront enfin disponibles via un modèle simple et standard », insiste Gaël Faijean, dont l'objectif est d'étendre le champ d'investigation à pas moins de 600 entreprises françaises.

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