Le taux de rémunération du Livret A, produit d'épargne détenu par 47 millions de Français, est susceptible de baisser une nouvelle fois au mois de juin, ont annoncé dimanche le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
Le taux a déjà été ramené à 2,5% en février alors qu'il était de 4% depuis août dernier. Son calcul, fondé sur l'évolution de l'inflation et des taux d'intérêt, est fait par le gouvernement sur conseil de la Banque de France. «La logique nous aménerait quelque part entre 1% et 2%, ça, ce serait la logique. Moi, je ne sais pas encore quelle décision nous prendrons, je n'ai pas reçu de recommandations de la banque de France et, de toutes façons, c'est une décision prise en accord avec le Premier ministre», a-t-elle dit.
Claude Guéant s'est exprimé dans le même sens sur Europe 1. «Le problème se posera à nouveau, comme il s'est posé voici déjà quelques semaines puisque le taux du Livret A évolue en fonction, d'une part, de l'inflation, d'autre part, des taux d'intérêt qui sont pratiqués sur le marché. Il se trouve qu'il n'y a plus d'inflation actuellement, donc le problème se pose (...) La question se posera au mois de juin prochain. En tous cas, ce que je peux dire avec une certitude totale, c'est que le Livret A restera rémunérateur par rapport à l'inflation», a-t-il ajouté.
Il a expliqué que la décision de fixer le taux à 2,5% était déjà un choix favorable aux épargnants puisqu'il aurait pu être ramené à 2%, si les rêgles de calcul réglementaires avaient été suivies.
Un taux élevé n'est pas forcément favorable à tout le monde puisqu'il détermine aussi le coût du logement social, a-t-il souligné.
Distribué par toutes les banques françaises depuis le 1er janvier, date de la fin d'un monopole dont bénéficiait les Caisses d'épargne, le Livret A a connu en fin d'année dernière une forte hausse des dépôts en raison de la crise financière et il constitue le produit d'épargne des classes défavorisées.
Son taux de rémunération peut être révisé trimestriellement, en fonction de l'évolution de l'inflation et des taux d'intérêt à court terme. Ce produit a été créé au XIXe siècle et son taux n'est jamais descendu en-dessous de 2%.