Les marchés n'y croyaient plus et pourtant le gouvernement japonais n'en est plus à un changement de direction près. Après avoir rencontré, vendredi, les responsables des milieux d'affaires nippons, le Premier ministre Naoto Kan a affirmé que le gouvernement « était prêt, dès que nécessaire, à prendre des mesures vigoureuses » face à la hausse du yen.
Dans la foulée, la Banque du Japon (BoJ) a convoqué ce lundi une réunion d'urgence afin de « discuter des moyens de contrôle monétaire à la lumière des récents développements économiques et financiers ». Naoto Kan avait en effet estimé « que la volatilité du marché des changes a un impact négatif sur la stabilité financière et économique du pays ».
Aucune action n'a été annoncée, mais Naoto Kan a donné l'impression de vouloir agir dans les plus brefs délais en utilisant les instruments monétaires « rapidement ». Une rencontre est par ailleurs prévue avec le gouverneur de la BoJ, aujourd'hui. Ce dernier assistant en fin de semaine dernière à la réunion annuelle à Jackson Hole réunissant les principaux banquiers centraux. Une décision pourrait ainsi être être prise avant la réunion du comité de la BoJ des 6 et 7 septembre prochain.
Les marchés ont très rapidement interprété la nature de l'intervention du Premier ministre japonais comme une prise de conscience du gouvernement face à la gravité des dommages du yen fort sur l'économie du pays. La montée en flèche de la devise nippone affaiblit en effet les entreprises japonaises alors que la reprise doit en bonne partie s'axer sur le dynamisme des exportations. Les marchés ont paru rassuré comme en témoigne la baisse du yen depuis vendredi. Ainsi, le dollar/yen, après avoir atteint un plus bas annuel mercredi dernier à 83,9, a repassé la barre des 85 vendredi et s'échangeait lundi matin à 85,70 pour un dollar.
Même si l'annonce d'une action imminente sur les changes rassure à court terme les marchés, une décision non concertée au niveau international aurait cependant peu d'effet. Parallèlement, le gouvernement doit aussi annoncer les modalités de son plan pour stimuler l'activité économique nippone. Alors qu'il a reçu les propositions du parti majoritaire vendredi, le package est attendu pour demain. Une rallonge budgétaire est également à l'étude pour payer le dispositif envisagé, malgré le peu de marge des finances publiques.