L'année 2010 se révèle particulièrement active pour Carlyle, au sein d'un environnement portant encore les stigmates de la crise. Depuis le début de l'année, la société d'investissement américaine se classe en deuxième position des fonds les plus impliqués dans des transactions au niveau international, selon des données Dealogic.
Carlyle affiche en effet un volume d'opérations, au nombre de dix-huit, de 11,1 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros), contre 1,3 milliard de dollars sur l'ensemble de l'année 2009 via vingt transactions. Carlyle est devancé de peu par TPG, avec seize opérations à son actif pour 11,8 milliards de dollars, et est suivi par Blackstone, avec huit transactions totalisant 8,4 milliards de dollars.
Le secteur de la santé attise notamment l'intérêt de Carlyle. Dernière opération en date, le fonds d'investissement a annoncé mardi la prise de contrôle du groupe de santé brésilien Qualicorp pour un montant non divulgué. Selon une source proche du dossier citée par l'agence Bloomberg, cette opération valoriserait la société à 1,2 milliard de dollars.
Carlyle, aux côtés du fonds TPG, a également officialisé en début de semaine une offre de rachat commune sur le propriétaire d'hôpitaux australien Healthscope pour 1,7 milliard de dollars, dossier sur lequel les deux fonds sont en concurrence avec KKR. Mi-juillet, Carlyle a en outre signé un accord sur le rachat du fabricant de compléments nutritionnels NBTY, pour un montant de 3,8 milliards de dollars.
L'activité de Carlyle reprend par ailleurs en Europe. Le fonds a présenté début juin une offre ferme et financée sur la société bretonne spécialisée dans la fabrication d'échangeurs thermiques pour chaudières Giannoni, valorisant cette dernière à 490 millions d'euros. Cette opération, la première en Europe en près de deux ans pour Carlyle, qui avait investi en août 2008 dans la marque de vêtement franco-italienne Moncler, semble marquer la reprise.
«Nous regardons actuellement plusieurs dossiers, notamment en France», avait déclaré début juillet à L'Agefi Frank Falezan, codirigeant de Carlyle en France, à l'occasion de la sortie du groupe dans Otor. Entré au capital en 2000, Carlyle a en effet triplé sa mise sur la société spécialisée dans les emballages.