Les autorités américaines ont annoncé hier qu'elles allaient clore prochainement l'enquête pour fraude fiscale menée à l'encontre d'UBS, qui menaçait de fortement fragiliser la première banque du pays. L'affaire remonte à février 2009, lorsque la banque suisse avait dû payer 780 millions de dollars pour avoir aidé des clients américains à contourner la législation fiscale des Etats-Unis entre 2000 et 2007. En échange de l'abandon d'une procédure juridique, Berne avait accepté en août 2009 de fournir à Washington des données bancaires sur 4.450 clients américains d'UBS, mettant à mal les règles de secret bancaire de la confédération helvétique.
Les autorités fiscales suisses ont procédé à l'examen des comptes des clients concernés et ont entamé des discussions avec les Etats-Unis «pour déterminer les modalités du transfert de ces informations », a déclaré hier le ministre des Finances suisse. «Le transfert des données sera en grande partie effectué d'ici à l'automne 2010», a poursuivi celui-ci, en soulignant qu'environ la moitié des données avaient déjà été transmises.
Un responsable américain a de son côté déclaré que «plus de 2.000 comptes» ont pour le moment été remis à Washington et qu'il était satisfait des progrès réalisés. «Au regard des informations que nous avons déjà reçues et des engagements pris par le gouvernement suisse, nous devrions pouvoir abandonner à l'automne la plainte civile déposée aux Etats-Unis portant sur 52.000 comptes», a déclaré dans un communiqué Bruce Friedland, porte-parole des services fiscaux américains (IRS).
En juin, le parlement suisse avait ratifié un accord conclu entre Berne et Washington et prévoyant la fin de cette enquête. Cet épisode judiciaire a provoqué le départ massif de clients fortunés d'UBS qui craignaient de nouvelles poursuites en cas d'échec de la Suisse à désamorcer le conflit. Le directeur général de l'établissement bancaire, Oswald Grübel, a assuré aux investisseurs que cette hémorragie cesserait d'ici fin 2010, soulageant définitivement la banque helvétique qui a affiché à fin juin un bénéfice net de 2 milliards de francs suisses (1,47 milliard d'euros). Suite à l'annonce du fisc américain, UBS a exprimé hier sa confiance dans le fait que l'affaire «puisse trouver son épilogue au mois d'octobre».