Rentrée chahutée pour Axa France. Le syndicat Réussir, qui représente les agents généraux de la compagnie, appelle à une rupture des relations. Dans une missive musclée adressée à ses adhérents ainsi qu'aux non-adhérents – révélée par News Assurances Pro – son président Michel Picon condamne «la détermination inflexible du groupe Axa à redresser au plus vite ses résultats techniques et à retrouver tout de suite, de manière déraisonnable, un niveau de profit antérieur», dans un contexte particulièrement difficile.
«Depuis un an, nous observons une dégradation du résultat technique, notamment en automobile. Axa redresse les tarifs et durcit les conditions de souscription des contrats dans un contexte de brutalité et d'absence de partenariat», affirme à L'Agefi Patrice Guédet, secrétaire général de Réussir.
Axa France confirme que les agents font face à une conjoncture très difficile depuis deux ans, entre la crise financière et un taux de sinistralité en hausse. Mais il exprime sa «surprise» quant au contenu et au ton de la lettre, expliquant être en «dialogue permanent» avec son réseau, «extrêmement précieux». La compagnie est d'autant plus étonnée que, selon elle, aucune revendication de la sorte n'était sortie d'un séminaire organisé début juillet, au cours duquel avaient été abordés le soutien au développement des agences, l'amélioration des performances en banque et en crédit, les nouveaux territoires, l'e-business, etc.
Plus spécifiquement, Réussir reproche à l'assureur d'envisager de revoir la formule de calcul de l'intéressement des agents à son ratio combiné. «Une hausse de 1 à 1,5 point de la part des frais généraux peut se traduire pour certains agents, en raison des effets de seuil, par une baisse de 20% de l'intéressement», illustre Patrice Guédet. Selon lui, Axa France a tenté de passer en force fin juillet, pour appliquer la nouvelle formule en octobre ou novembre.
Ce coup de sang s'inscrit cependant dans un contexte électoral qu'on ne peut occulter: Réussir va procéder à l'élection, le 15 septembre puis en novembre, de ses bureaux en région et au niveau national. En outre, le syndicat marque son territoire alors que le nouveau directeur général d'Axa France, Nicolas Moreau, va entrer en fonction le 1er octobre. Il est décrit dans la lettre comme un financier de culture anglo-saxonne, pays ignorant les spécificités des agents généraux en France.